
Hugues Rajaonson multiplie les initiatives en faveur du développement socioéconomique. L’économiste vient de publier un ouvrage retraçant ses recherches sur les filières agro-industrielles intégrées à Madagascar.
Hugues Rajaonson soutient notamment que la transformation agricole nécessite une intervention volontariste de l’État, qui doit mettre en place un dispositif efficace en faveur de l’agro-industrie.
Faible niveau
« Madagascar dispose d’un potentiel agricole important, mais peine encore à le transformer en richesse industrielle », constate Hugues Rajaonson. À travers l’analyse de cinq filières — le manioc, le maïs, le riz, l’orge et le haricot vert extra-fin —, le chercheur met en évidence le faible niveau de transformation locale et les difficultés structurelles qui freinent le développement de l’agro-industrie. « Madagascar est un pays à vocation agricole, il est donc tout à fait naturel que l’industrialisation commence par l’agro-industrie », souligne-t-il, en regrettant que le lien entre production agricole et transformation industrielle reste limité. Les filières structurées sont ainsi peu nombreuses et insuffisamment développées, tandis qu’une grande partie de la production agricole échappe encore aux circuits industriels organisés.
Fiscalité incitative
L’économiste constate par ailleurs qu’au-delà du potentiel industriel inexploité, certaines filières subissent des difficultés qui menacent leur pérennité. C’est notamment le cas de l’orge, dont la production peut alimenter plusieurs activités de transformation : malt, farine, flocons et produits alimentaires dérivés. Il en est de même pour le haricot vert extra-fin destiné à l’exportation, qui perd du terrain face à la concurrence internationale. Le chercheur attribue notamment ce recul à l’absence d’une régulation nationale suffisamment stable. C’est justement pour inverser cette tendance qu’il préconise une intervention publique volontariste. Parmi les instruments à la disposition des pouvoirs publics, la fiscalité occupe, selon lui, une place particulière. Pour le Dr Hugues Rajaonson, il est indispensable d’adapter les dispositifs fiscaux afin d’encourager la transformation locale des produits agricoles et la création de valeur ajoutée. Une politique fiscale incitative pourrait ainsi contribuer à rendre les investissements industriels plus attractifs et à renforcer les débouchés des producteurs nationaux. Hugues Rajaonson soutient ainsi que le développement de l’agro-industrie ne dépend pas uniquement du potentiel des terres agricoles ou de la diversité des cultures. Il repose également sur la capacité à structurer les filières, à sécuriser les approvisionnements, à attirer les investissements et à instaurer un cadre réglementaire et fiscal stable.
R.Edmond.




