L’enquête sur la mort de la petite Valencia, décédée à Akamasoa après avoir subi de graves violences, connaît un nouveau développement. Interpellé par la Police nationale le 26 juillet, le père de la fillette, principal suspect dans cette affaire qui a profondément bouleversé l’opinion publique, a d’abord été remis à la Brigade criminelle d’Anosy avant d’être déféré au parquet le 29 juillet. À l’issue de cette procédure, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Tsiafahy.
L’affaire Valencia continue de susciter une vive émotion à travers le pays. Derrière ce prénom se cache le destin tragique d’une fillette de huit ans dont la mort a provoqué une onde de choc, tant par les circonstances du drame que par les révélations qui ont suivi. Selon les premiers éléments de l’enquête, les faits se sont produits au domicile familial, à Akamasoa. Le père se serait emporté après avoir reproché à sa fille d’avoir égaré une somme de 5 000 ariary. Sous l’effet de la colère, il lui aurait asséné plusieurs coups, notamment à l’aide d’un manche à balai. Gravement blessée, l’enfant a été transportée d’urgence dans un centre de soins, mais elle a succombé peu après. Les constatations médico-légales ont conclu à une fracture des vertèbres cervicales, à l’origine de son décès. À peine la nouvelle connue, une foule de riverains s’est massée devant les locaux de la police où le suspect était retenu. La tension est rapidement montée d’un cran et le risque de justice populaire est devenu réel. Pour prévenir tout débordement, d’importants renforts ont été déployés. Des éléments de la gendarmerie, venus notamment d’Ambohimangakely et de Soamanandrariny, sont intervenus aux côtés des policiers du commissariat de Sabotsy Namehana afin de sécuriser les lieux. Une médiation menée avec les autorités locales, à laquelle a pris part le père Pedro, a finalement permis de ramener le calme et de disperser la foule.
Violence sexuelle
Au cours des investigations, l’affaire a pris une dimension encore plus dramatique. Des éléments recueillis par les enquêteurs laissent supposer que la fillette aurait également été victime de violences sexuelles répétées avant son décès. Ces faits présumés font désormais l’objet d’investigations approfondies et devront être confirmés ou infirmés par la procédure judiciaire. Le drame est d’autant plus poignant que la mère de Valencia est actuellement détenue à la prison d’Antanimora dans le cadre d’une autre procédure judiciaire. Selon les informations recueillies auprès de ses proches, elle a appris la disparition de sa fille depuis sa cellule et ne pourra pas assister à ses obsèques. Avec le placement sous mandat de dépôt du père à la prison de Tsiafahy, une première étape judiciaire vient d’être franchie. Pour autant, l’enquête est loin d’être terminée. Les investigations menées par la Brigade criminelle d’Anosy se poursuivent afin d’établir avec précision toutes les circonstances de ce drame qui a profondément ému les Malgaches et relance, une fois de plus, le débat sur la protection des enfants face aux violences intrafamiliales.
T.M.


