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jeudi, septembre 10, 2026
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Alaotra Mangoro : Les paysans misent sur une nouvelle variété de « riz hybride »

« Un seul pied de ce riz hybride peut produire jusqu’à 250 grains par tige, soit l’équivalent de trois tiges de riz local », a-t-on confié.

La révolution rizicole est en marche dans la région Alaotra Mangoro. Grâce à l’introduction de nouvelles variétés de riz hybride, qui n’ont rien à voir avec le projet de l’ancien régime, des paysans qui plafonnaient autrefois à 3 tonnes à l’hectare voient désormais leur production tripler, atteignant jusqu’à 9 tonnes. Un espoir concret pour l’autosuffisance alimentaire.

Dans les zones rurales d’Anosindrafilo et d’Ambotanibe, le sourire est revenu sur les lèvres des « tantsaha ». Et pour cause : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si les techniques traditionnelles permettaient difficilement de dépasser les 3 tonnes à l’hectare, les nouvelles variétés introduites font, selon les témoignages, exploser les compteurs, affichant des résultats oscillant entre 6 et 9 tonnes. Une bouffée d’oxygène pour une région considérée comme le poumon rizicole de Madagascar, mais souvent malmenée par les aléas climatiques.

Performance

Ce succès ne relève pas du hasard, mais d’une rigueur scientifique adaptée au terrain. Selon André Ranaivoson, technicien agricole, le processus de sélection a été drastique. « Nous avons testé 140 variétés différentes. Au final, seules cinq ont été retenues pour leur performance et leur adéquation avec le climat malgache », explique-t-il. Parmi les championnes de la productivité, on retrouve les variétés 902/3, 908, ainsi que la 901, capable de s’adapter aussi bien à la culture de rizière (antanimbary) qu’à la culture pluviale (antanety).

Témoignage

Ces semences présentent un avantage comparatif majeur : elles sont moins exigeantes en entretien et résistent mieux aux aléas climatiques. Pour le paysan, cela signifie moins de dépenses en intrants et une sécurité accrue face aux caprices du ciel. Sur le terrain, les témoignages affluent. Donat Razafindrabe et René Rabetany, bien que ne disposant que de petites parcelles, ont sauté le pas. « C’était un essai pour nous sur moins d’un quart d’hectare. Avec seulement 9 paquets de semences, nous avons couvert notre surface et il nous restait même des jeunes plants », confie René Rabetany.

Prouesse agronomique

L’aspect le plus impressionnant reste la densité des épis. Il s’agit d’une véritable prouesse agronomique : un seul pied de riz hybride produit aujourd’hui 250 grains, soit le triple du riz local. À Mahatsinjo, les bénéficiaires sont formels : la rentabilité est au rendez-vous, même en conditions hydriques difficiles. Cette performance fait taire les rumeurs et séduit les plus sceptiques. Pour les autorités régionales, cet hybride n’est plus une simple culture, mais un moteur de croissance pour les ménages. L’objectif de prospérité est clair, et la pression monte : les paysans exigent désormais un accès continu à ces semences pour sécuriser les prochaines campagnes. Dans les rizières, le regret change de camp, laissant place à une dynamique économique sans précédent. En tout cas, si l’importation de riz hybride a fait couler beaucoup d’encre, les témoignages des paysans ont montré que cette nouvelle variété peut conduire le pays vers l’autosuffisance alimentaire.

Recueillis par Julien R.

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