À l’île Sainte-Marie, l’essor rapide de l’algoculture redessine le paysage économique côtier. Si cette activité offre de nouvelles sources de revenus aux communautés locales, elle soulève aussi des interrogations sur la préservation des récifs coralliens. Une récente mission scientifique appelle à un équilibre entre développement et protection.
Une filière porteuse pour les communautés locales. Depuis quelques années, l’algoculture s’impose comme une alternative crédible à la pêche traditionnelle à Sainte-Marie. De nombreuses familles côtières se tournent vers cette activité, attirées par des revenus plus réguliers dans un contexte de raréfaction des ressources halieutiques. Soutenue par des opérateurs privés et encouragée dans le cadre de l’économie bleue, la culture d’algues contribue ainsi à diversifier les moyens de subsistance. Elle participe également à une dynamique locale, impliquant pêcheurs, collecteurs et entreprises, dans une filière en pleine structuration. Toutefois, cette croissance rapide pose déjà la question de sa durabilité. L’occupation accrue du littoral et certaines pratiques encore peu encadrées suscitent des inquiétudes, notamment du côté des scientifiques.
À compléter. Les travaux menés récemment par des chercheurs de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) et leurs partenaires malgaches mettent en évidence des impacts potentiels sur les récifs coralliens, écosystèmes essentiels pour la biodiversité et la pêche. Débris d’algues et pressions sur certaines zones récifales constituent les premiers signaux d’alerte. Face à ces enjeux, plusieurs recommandations ont été formulées. Parmi elles figurent la mise en place de zones de protection stricte, une meilleure gestion des déchets issus de l’algoculture et l’amélioration des pratiques de pêche artisanale. La création récente d’une aire protégée à Sainte-Marie apparaît également comme un levier clé. Encore faut-il assurer une gouvernance efficace, impliquant les autorités locales, les opérateurs économiques et les communautés. Entre opportunité économique et impératif écologique, l’île Sainte-Marie fait actuellement face à un test grandeur nature pour un modèle de développement côtier durable à Madagascar.
José Belalahy



