La Direction de la communication du PRRM s’est empressée de publier un communiqué pour rejeter toute implication de la Présidence dans la publication de cette information.
« L’Ambassade de France dément formellement les allégations qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux, relatives à une prétendue implication de la France dans une tentative de déstabilisation à Madagascar ». Les autorités françaises réagissent à une information publiée par un conseiller technique du Président de la Refondation de la République de Madagascar, annonçant la présence de 10 mercenaires français sur le sol malgache. En présentant une liste comportant des noms, avec photos d’identité à l’appui, ce proche collaborateur du colonel Michaël Randrianirina affirme que ces personnes sont entrées sur le territoire malgache le 8 janvier 2026, munies de passeports de service officiels délivrés par les autorités françaises. Selon ses dires, ce seraient des agents du Service national des renseignements pénitentiaires (SNRP), lié au ministère de la Justice français. Le conseiller technique du PRRM accuse ce commando d’être derrière un projet d’assassinat contre le colonel Michaël Randrianirina et de fomenter la déstabilisation de Madagascar. Venant d’un conseiller technique à la Présidence de la Refondation, cette déclaration a provoqué des remous. Par ailleurs, le risque d’incident diplomatique n’est pas à écarter. « Ces rumeurs sont mensongères », explique l’Ambassade de France à Madagascar, qui s’interroge d’ailleurs sur l’origine et les motivations de ceux, ou plutôt de celui, qui les diffuse. En tout cas, les autorités françaises dénoncent, face à ces graves accusations, « une volonté manifeste de nuire aux relations entre Madagascar et la France ». Un appel a ainsi été lancé pour inciter tout un chacun « à faire preuve de discernement et à ne pas relayer de fausses informations ».
Le mal est fait
L’info relative à ces 10 mercenaires français qui seraient présents au pays avait fait le buzz durant le week-end. Venant d’un proche collaborateur du Président de la Refondation, personne n’a émis de doute sur sa véracité. Nul n’ignore pourtant que les propos tenus par un haut fonctionnaire de l’État engagent la responsabilité de l’institution qu’il représente, à savoir la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar. C’est certainement la raison pour laquelle la Direction de la communication du PRRM s’est empressée de publier un communiqué pour rejeter toute implication de la Présidence dans la publication de cette information. « Même si l’auteur de ces publications exerce des fonctions de conseil auprès du Président, ses travaux journalistiques s’inscrivent dans le cadre d’une démarche indépendante, professionnelle, autonome et distincte de ses responsabilités institutionnelles… les éléments évoqués n’engagent en aucun cas la Présidence », soutient le communiqué. Cette explication officielle se présente comme un désaveu contre le conseiller technique du PRRM à l’origine de cette affaire, dont la gravité risque de fragiliser davantage la relation entre Madagascar et la France. Deux pays dont la diplomatie traverse actuellement une zone de turbulences à cause du choix stratégique du régime de refondation d’orienter sa diplomatie vers la Russie. Quoi qu’il en soit, la question est désormais de savoir si ce manque de professionnalisme, ayant entraîné un grave incident diplomatique, fera l’objet d’une sanction, ou du moins d’une réaction de la part du PRRM, le colonel Michaël Randrianirina.
Davis R


