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jeudi, août 27, 2026
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Ambatofinandrahana : L’économie locale fragilisée par la crise du marché de l’orge

Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune rurale d’Anjoma Nandihizana

Filière incontournable du développement socioéconomique de la région Amoron’i Mania, la culture de l’orge est en ce moment gravement menacée.

Depuis cette année, les producteurs constatent une baisse importante des bénéfices tirés de leur activité, alors même que les coûts nécessaires à la production et à l’entretien des cultures augmentent.

Source majeure de revenus

Une sombre perspective pour les nombreux ménages qui vivent, pourtant, depuis longtemps de cette filière. À Ambatofinandrahana, par exemple, la culture de l’orge ne représente pas seulement une activité agricole parmi d’autres. Elle constitue, avant tout, une source majeure de revenus, notamment pendant la période de contre-saison. Les recettes tirées de cette production permettent de subvenir aux dépenses quotidiennes, mais aussi de préparer la prochaine campagne agricole, notamment la riziculture, de financer la scolarité des enfants et d’investir dans les moyens nécessaires à l’exploitation, comme l’élevage ou l’achat de matériel. Au fil des années, le développement de cette culture a ainsi contribué à améliorer progressivement les conditions de vie de certains ménages ruraux. L’augmentation du pouvoir d’achat a permis à plusieurs familles de mieux répondre à leurs besoins et, pour certaines, d’investir davantage dans l’éducation de leurs enfants.

Fiscalité prohibitive

Mais cet équilibre est aujourd’hui fragilisé par les difficultés que connaît le marché de l’orge. Depuis cette année, les producteurs constatent une baisse importante des bénéfices tirés de leur activité, alors même que les coûts nécessaires à la production et à l’entretien des cultures augmentent. La pression sur les revenus des exploitations devient ainsi de plus en plus forte. Pour Fenonantenaina Honoré Patrick, maire de la commune rurale d’Anjoma Nandihizana, dans le district de Manandriana, les conséquences de cette situation ne se limitent pas aux producteurs d’orge. C’est l’ensemble de l տնտես locale qui risque d’en subir les effets. Il désigne notamment une fiscalité prohibitive comme étant l’une des origines de ce problème. Selon lui, la hausse des droits d’accise appliqués à la société STAR a eu des répercussions sur le marché de l’orge et, par conséquent, sur les producteurs. « La dégradation des revenus des producteurs affecte directement leurs conditions de vie et pourrait, à terme, peser sur l’activité économique de la commune », précise le maire. Cette crise de la filière orge constitue aussi une menace pour les recettes locales. En effet, la fragilisation de la filière pourrait également avoir des conséquences sur les capacités financières des collectivités locales, qui pourraient être privées des ristournes qui constituent pourtant, pour elles, une source importante de revenus. Ainsi, les collectivités territoriales décentralisées ne pourraient plus financer les infrastructures et les différentes actions de développement local.

 Situation dramatique

Pour les agriculteurs, l’enjeu touche directement la capacité des familles à maintenir leurs conditions de vie et à préparer les prochaines saisons agricoles. Randrianantenaina Solondraibe Jean, producteur d’orge à Ambatofinandrahana, redoute la situation dramatique que pourraient vivre les acteurs de la filière, qui avaient pourtant connu une belle époque avant cette menace actuelle. « Avant, l’amélioration des revenus a permis à des familles d’accroître leur pouvoir d’achat et de mieux prendre en charge la scolarité de leurs enfants », rappelle-t-il, en regrettant que « cette évolution est aujourd’hui remise en question par la perspective d’une diminution des surfaces consacrées à l’orge ». Les producteurs redoutent en particulier les conséquences d’une réduction des superficies cultivées sur les revenus des ménages. Ils demandent que les difficultés auxquelles ils sont confrontés soient examinées avec une attention particulière, afin d’éviter que la contraction de cette activité ne fragilise davantage les familles rurales.

R.Edmond.

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