
Le coup d’envoi de la deuxième édition du Colloque international itinérant a été donné à l’Université d’Androy, à Ambovombe. Pendant cinq jours, scientifiques, décideurs et communautés locales s’unissent pour dessiner l’avenir écologique et économique des régions Androy, Anosy et Atsimo-Andrefana.
Dix ans après la première édition de 2016, le Sud de Madagascar se retrouve à nouveau au cœur de la réflexion scientifique. Organisé sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESuPreS), le colloque international intitulé « Écosystèmes aquatiques et développement durable dans le Sud de Madagascar » a officiellement débuté à l’Université Anjombakilala d’Androy. Cet événement majeur, qui se déroule du 11 au 16 mai 2026, se veut un carrefour multidisciplinaire itinérant entre Ambovombe et Tolagnaro (Fort-Dauphin).
Défis climatiques
L’objectif de cette grand-messe académique, coorganisée par les universités d’Androy et d’Anosy, en partenariat avec l’association HOME (Halieute et Océanographe Malagasy Engagés), est clair : mettre l’université au service de la société pour concevoir un plan de développement local durable. Face aux défis climatiques aigus que traverse le Grand Sud, les experts malgaches et internationaux (venus de Suisse, de France, de Norvège ou du Canada) croisent leurs regards avec les opérateurs économiques (QMM, Société Sisal) et les ONG.
Plateau continental
Les débats, qualifiés de particulièrement denses, s’articulent autour de six sessions stratégiques. À Ambovombe, les deux premiers jours ont été consacrés au potentiel du plateau continental, aux impacts environnementaux des industries minières et à l’essor de l’aquaculture et de la pharmacopée marine. La transition vers l’Anosy s’est faite par une excursion concrète sur le terrain (visites de lagunes et de mangroves), avant que Fort-Dauphin ne prenne le relais pour traiter des questions cruciales d’accès à l’eau potable, d’assainissement et de résilience face au changement climatique.
Transversalité
La particularité de ce colloque réside dans sa transversalité. Les sciences humaines et sociales y sont intégrées à chaque étape afin de valoriser les traditions ancestrales comme outils de gestion durable. De plus, la relève académique est mise à contribution : pour les étudiants de licence et master d’Ambovombe et de Tolagnaro, les sessions font office de cours intensifs, validés par des examens rigoureux sous la supervision du Pr Gérard Lasserre (Université de Montpellier). Ce rendez-vous de haut niveau, coprésidé par le Dr Francis Veriza (président de l’Université de Toliara) et le Pr Edouard Remanevy Mara, devrait déboucher sur un plan d’action local et des recommandations concrètes pour inscrire définitivement le Grand Sud dans une dynamique de croissance verte et d’économie circulaire. Une bouffée d’oxygène scientifique pour des régions en pleine mutation.
Julien R.


