
Située en périphérie d’Antananarivo, la décharge d’Andralanitra est devenue, au fil des années, un symbole de la crise des déchets dans la capitale. Une réalité préoccupante se dessine, depuis des années déjà, lorsque l’on évoque cette décharge : celle d’une pollution atmosphérique qui dépasse largement ses frontières et affecte l’ensemble de la ville. En effet, chaque jour, plusieurs centaines de tonnes de déchets sont acheminées vers Andralanitra. Faute de tri et de traitement adéquats, une grande partie des déchets acheminés sur ce site est brûlée à ciel ouvert. Ces combustions permanentes libèrent d’importantes quantités de fumée chargée en particules fines, notamment les PM2,5 et PM10, connues pour leur capacité à pénétrer profondément dans les voies respiratoires.
Selon plusieurs études scientifiques, ces particules contiennent des substances toxiques issues de la dégradation de déchets variés, allant des plastiques aux équipements électroniques et/ou industriels. Transportées par les vents, elles ne se limitent pas aux environs immédiats de la décharge. Des quartiers entiers d’Antananarivo, parfois situés à plusieurs kilomètres, peuvent ainsi être exposés à cette pollution diffuse.
Bien au-delà. Les observations sur la qualité de l’air dans la capitale montrent une corrélation entre les activités de la décharge et les niveaux de pollution atmosphérique. En saison sèche, lorsque les feux sont plus fréquents et les vents plus actifs, les concentrations de particules fines augmentent sensiblement. Cette situation transforme Andralanitra en véritable « usine à pollution » à ciel ouvert. Si les habitants vivant à proximité restent les plus exposés, l’ensemble des citadins est concerné. Pourtant, les dispositifs de surveillance et les politiques de gestion des déchets peinent à suivre l’ampleur du problème. Face à ce constat, la question n’est plus seulement environnementale, mais bien sanitaire. Réduire les émissions issues de la décharge apparaît aujourd’hui comme une urgence pour protéger durablement la qualité de l’air à Antananarivo.
José Belalahy


