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dimanche, septembre 27, 2026
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Ang’ady : Planter aujourd’hui pour ne pas manquer demain

Sur l’île aux parfums, là où la terre donne encore sans compter, un geste simple est venu rappeler une vérité essentielle : l’avenir ne se promet pas, il se plante. À Nosy-Be, ils étaient des centaines. Des enfants surtout. Des regards curieux, des mains encore hésitantes, mais déjà prêtes à apprendre. L’événement s’appelle « Ang’ady »— du nom de cet outil ancestral qui fend la terre pour lui donner vie. Derrière ce projet, une volonté claire : enseigner aux plus jeunes que protéger son environnement n’est pas une théorie, mais un acte.

Portée par l’association AMI TSARA, en collaboration avec la DREDD, la DREN et plusieurs partenaires engagés, l’initiative s’inscrit dans une urgence silencieuse : transmettre ce que les anciens ont su préserver. Dans la région DIANA, la nature n’est pas un décor. Elle est une mémoire vivante. Les manguiers et les jacquiers plantés hier continuent de nourrir aujourd’hui. Mais qui plantera pour demain ?

Pendant deux jours, l’équipe a sillonné neuf écoles de Hell-Ville. Dans les salles de classe, les mots ont circulé. Mais surtout, les idées ont germé. Les enfants ont écouté, questionné, compris. Et chacun est reparti avec une graine. Une simple graine, placée dans un petit pot de yaourt transformé en germoir. Un objet banal devenu porteur de responsabilité. Car désormais, cette plante leur appartient. Ils devront l’arroser, l’observer, la protéger. Et à travers elle, comprendre que la vie demande du temps, de l’attention et de la patience. L’apprentissage ne s’arrête plus à l’école. Il entre dans les foyers, dans les gestes du quotidien.

À Ambatozavavy, plus de 200 enfants se sont retrouvés pour une grande classe verte à ciel ouvert. Là, les chaussures s’enfoncent dans la boue, les mains se salissent et les leçons prennent racine. Face à la mangrove, ils découvrent un monde fragile. Un écosystème discret, mais vital. On leur explique, on leur montre. Puis on les laisse faire. Les propagules s’enfoncent dans la vase comme une promesse silencieuse. Dix mille au total. Dix mille chances de réparer, de préserver, de transmettre. Autour, les djembés résonnent. Les scouts donnent le rythme. L’ambiance est vivante, presque festive. Parce qu’apprendre ne doit pas être une contrainte, mais une expérience. Et pendant que les enfants plantent l’avenir, les adultes assurent le présent. Les femmes brodeuses d’Ambatozavavy préparent les repas. Un geste simple, mais essentiel. Car ici, tout le monde participe. Tout le monde compte.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : neuf écoles mobilisées, 200 enfants engagés, 1 000 arbres fruitiers distribués aux familles, 10 000 propagules plantées. Dans un monde où tout va vite, où l’on consomme sans toujours penser aux conséquences, ce projet prend le contre-pied. Il enseigne la lenteur utile. Celle qui construit. Celle qui dure. Prendre soin de la terre n’est pas réservé aux agriculteurs. Ce n’est pas une affaire de métier. C’est une responsabilité collective.

Recueillis par Iss Heridiny

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