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dimanche, septembre 20, 2026
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Antoine Rajerison : « Mon immunité, c’est le peuple »

Antoine Rajerison, député élu dans le district d’Arivonimamo, samedi dernier à Manalalondo.

Face aux menaces du pouvoir de lever son immunité parlementaire, le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, a choisi, samedi dernier à Manalalondo, la carte de la démonstration de force.

Le bras de fer politique entre le régime de la Refondation et le député élu à Arivonimamo, Antoine Rajerison, passe à la vitesse supérieure. Alors que les informations sur une procédure de levée de son immunité parlementaire saturaient l’actualité samedi dernier, l’élu a choisi de répondre sur le terrain. Une simple foire paysanne à Manalalondo s’est ainsi transformée en une véritable démonstration de force. Devant une foule massive et acquise à sa cause, le parlementaire s’est montré serein et particulièrement offensif. « Qu’ils me retirent mon immunité parlementaire : peu importe. Vous, le peuple, vous êtes ma seule et vraie immunité », a-t-il lancé sous les acclamations d’une assistance survoltée. Une déclaration qui sonne comme une mise en garde à peine voilée à l’endroit de l’Exécutif.

Cent fois plus. Antoine Rajerison semble déterminé à mobiliser la population du district d’Arivonimamo et des autres districts où le parti FIVOI est bien implanté. Vendredi dernier, face à la menace d’une interpellation, il n’a pas hésité à brandir le spectre d’un soulèvement, affirmant être capable de rassembler une foule cent fois plus nombreuse que lors de son arrestation sous le régime Rajoelina. Le 30 septembre 2025, des milliers de partisans venus d’Arivonimamo avaient marché sur 30 kilomètres en direction d’Antananarivo pour lui prouver leur loyauté, tandis qu’une masse impressionnante l’attendait à Imeritsiatosika. Une véritable mise en garde adressée à l’Exécutif, qui semble pourtant résolu à enclencher les procédures judiciaires.

Mensonges. Jeudi dernier, la ministre de la Justice a en effet laissé entendre que l’élu, poursuivi pour « financement de déstabilisation », allait faire l’objet d’une enquête. Selon des sources concordantes, il est accusé d’avoir tenté de corrompre les juges de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) afin de destituer le chef de l’État, après avoir déposé, le 13 mai dernier, une requête pour haute trahison et violation grave et répétée de la Constitution contre le président de la Refondation. Des accusations réfutées en bloc par l’intéressé. Devant la population de Manalalondo, l’élu a martelé qu’il n’avait rien à se reprocher : « Nous restons debout, fidèles à la vérité jusqu’au bout. Les mensonges fabriqués par le pouvoir actuel ne nous font pas peur ». Refusant de jouer à cache-cache avec les autorités, Antoine Rajerison a assuré qu’il siégerait bien à Tsimbazaza durant la session parlementaire.

En danger. L’élu n’a d’ailleurs pas manqué de dénoncer des dérives qui, selon lui, ternissent l’image du régime : « On ne supporte pas la démocratie. Ils arrêtent et emprisonnent les personnes qui ne partagent pas leur opinion, mais aussi celles qui dénoncent leurs abus. Je pense que la démocratie est en danger ». Reste à savoir si le pouvoir prendra le risque d’aller au bout de la procédure. Une partie importante de la population adhère à la cause de Rajerison, désormais soutenue par une fronde de la « Gen Z », qui se dit trahie par le régime de la Refondation. Ouvrir un nouveau front, alors que les partisans de l’ancien régime guettent le moindre faux pas, s’avère un calcul hautement risqué pour le pouvoir en place.

Julien R.

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