
De l’ethnobotanisme chez WWF vers l’art et les cimaises de Tokyo et Venise, Timothy Laros a réussi son grand pas. Le 29 mars, le hasard des dates simplement, il proposera son exposition « Guardian of the baobabs » au Mile High Gallery, à Denver, dans le Colorado, aux États-Unis. Un lieu célèbre dans cet État pour être un centre névralgique de l’« artivisme », un concept idéal pour celui ou celle qui préfère affronter les critiques plutôt que les bombes lacrymogènes et les arrestations. À Denver, la culture du rapport avec la nature est ancrée. Donc, pour Timothy Laros, dont les voyages à Madagascar ont été extrêmement privés, le moment est venu d’évoquer, à travers ses œuvres, les « anciens », comme il les nomme, ou les « témoins ». Il ne s’agit pas de celui qui met le baobab au centre de ses idées, allant jusqu’à reléguer les communautés de base au rôle de simple décor, mais de mettre en avant la relation de vie et d’âme immuable entre l’homme et les baobabs. Derrière le cliché carte postale, « allée des baobabs et coucher de soleil », l’artiste voit dans cet arbre une infrastructure biologique. La première raison est qu’il porte la mémoire des temps et, avec le nouveau dada des Occidentaux, la mémoire des « changements climatiques ». Timothy Laros combinera peinture, sculpture, installations publiques à grande échelle, textiles et motifs traditionnels malgaches. Mélange de science et d’art, « Guardian of the baobabs » pourrait se retrouver sur la scène internationale, mais pas sûrement à Madagascar. Parce que, peut-être, le public d’art malgache n’est qu’un simple décor pour lui.
Maminirina Rado


