

Plus de 200 foyers utilisent déjà des toilettes sèches à Ambinanibe, Fort-Dauphin. Ce modèle permet de lutter contre la prolifération des excréments et la défécation à l’air libre.
Avec le gouvernement malgache, à travers le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, avec l’appui de l’ambassade du Japon, de l’UNICEF et de nombreux partenaires, une nouvelle dynamique est aujourd’hui en train de s’ancrer sur le terrain : celle de l’assainissement basé sur le marché. Le principe est simple : quand les communautés sont informées, motivées et accompagnées, et que des produits adaptés sont disponibles localement, le changement s’installe et il dure. Hier s’est tenue l’inauguration du centre de traitement de matières issues de toilettes sèches à Ambinanibe, dans la commune urbaine de Fort-Dauphin. Cette innovation, entrant dans le cadre du projet Ecosan-Dioloto, consiste à mettre en place des toilettes sèches à séparation (CBS) auprès des ménages pour améliorer l’accès à un assainissement durable dans le Sud de Madagascar. Actuellement, 239 ménages d’Ambinanibe sont déjà équipés de ce dispositif. « Les matières sont collectées, transportées et valorisées sur le centre de traitement, produisant du compost et du biochar à valeur agronomique. Nous laissons des numéros auprès des ménages pour qu’ils puissent nous contacter pour la collecte des matières fécales mélangées à de la sciure ainsi que des matières liquides. Chaque ménage doit s’acquitter d’une somme de 8 000 ariary par mois pour l’entretien des CBS », explique Léa, responsable auprès de Dioloto. Le directeur Global Wash auprès de l’UNICEF, Evariste Kouassi, a précisé de son côté que « l’assainissement n’est pas seulement une question de toilettes, il s’agit de santé et de dignité, de protection de l’environnement, mais aussi d’avenir pour nos enfants ».
Traitement. Concernant le traitement des matières collectées auprès des ménages, l’équipe procède au compostage, avec suivi de la température en temps réel via l’application Dioloto, afin de garantir l’élimination des agents pathogènes avant l’utilisation, au lombricompostage, à la production de biochar et à la transformation de l’urine en fertilisant autorisé par l’Union européenne sur le site d’Ambinanibe. Ces produits nourrissent les sols dégradés et désertifiés, redonnant espoir à la terre et à l’avenir des communautés qui en dépendent pour leur subsistance. Le changement durable dépend de l’engagement de chacun. « La défécation à l’air libre affecte la santé des enfants, comme la diarrhée, le choléra ou encore la typhoïde. Le Japon mobilise son expertise en santé et assainissement en promouvant les Sato, en collaboration avec le secteur privé, les communautés locales et les partenaires internationaux. L’objectif étant de réduire le coût, la création d’emplois et la mise en place de l’économie circulaire », souligne l’ambassadeur du Japon à Madagascar, SEM Hitoshi Tojima.
Narindra Rakotobe



