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samedi, septembre 5, 2026
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Association Fonena : « Le fokonolona pilier du développement »

De gauche à droite : Le Président national et coordinateur régional de Fonena Analamanga.

Face à l’échec de 66 ans de politiques de développement centralisées et dépendantes de l’aide internationale, l’association Fonena officialise son implantation dans la région Analamanga. Son objectif est d’opérer un virage radical en plaçant le fokonolona au cœur des décisions et de l’avenir de Madagascar.

66 ans de tâtonnements politiques, de plans étatiques centralisés et de perfusion d’aide internationale n’ont pas suffi à briser le cycle de la pauvreté à Madagascar. Face à ce constat d’échec des modèles dits « classiques », qui ont trop souvent confiné le citoyen malgache dans un rôle de bénéficiaire passif, un vent de rupture souffle depuis la capitale. L’association Fonena a officialisé, au cours d’une conférence de presse, son implantation dans la région Analamanga. Son ambition ? Opérer un renversement de paradigme radical en plaçant le fokonolona (assemblée communautaire traditionnelle) au centre névralgique du développement du pays. Pour Fonena, le message est limpide : « Ny fokonolona no vahaolana » (la communauté est la solution). Le développement ne peut plus être une directive descendante dictée par les sommets ou les bailleurs de fonds ; il doit être endogène, pensé et contrôlé par la base.

Principes

Dans son projet de société, Fonena dresse un réquisitoire lucide de l’histoire économique de la Grande île. Des « éléphants blancs » industriels de la Deuxième République à la précipitation de la malgachisation de l’enseignement, les politiques passées ont partagé le même point aveugle : l’absence du citoyen comme sujet politique. « La logique de projet, avec ses cycles courts et ses rapports aux bailleurs, est incompatible avec la logique de territoire, qui exige du temps et de la continuité », informe l’association dans son projet de société. « Quand le projet s’arrête, le développement s’arrête avec lui ». Pour sortir le fokonolona de la zone grise et dépasser la décentralisation purement formelle des textes législatifs actuels, Fonena s’appuie sur six principes fondateurs immuables : souveraineté populaire effective, subsidiarité ascendante, dignité comme préalable, co-responsabilité, preuve avant promesse, intégrité et transparence.

De la théorie à la pratique

Loin d’être un simple manifeste utopique, le modèle prôné par Fonena compte des réalisations concrètes dans la ville de Toliara, prouvant l’efficacité de la mobilisation citoyenne et des ressources endogènes. Il y a, entre autres, la réhabilitation de 10 salles de classe à l’EPP Mahavatse I, la distribution de 600 kits scolaires et le soutien dans 32 établissements publics, l’installation de pompes à eau potable et de kits solaires communautaires pour sécuriser les espaces de vie, une réponse citoyenne et une entraide immédiate organisées lors du passage des cyclones Honde et Jude en février-mars 2025, devançant l’intervention des institutions officielles.

En s’implantant à Analamanga, Fonena entend structurer un vaste réseau citoyen, renforcer les compétences locales en matière de gestion délibérative et ouvrir de véritables espaces de dialogue avec les médias, la société civile et les institutions étatiques. À terme, le mouvement aspire à un véritable « renversement institutionnel » à l’échelle de la République, allant jusqu’à proposer la reconnaissance constitutionnelle du fokonolona comme entité juridique souveraine et la création d’une Chambre des Fokonolona au niveau national.

Narindra Rakotobe

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