
Cela fait onze ans que la fondatrice du groupe Feel Good, Faranah Goulamaly, a créé les Ateliers Feel Good, spécialisés dans la fabrication de produits artisanaux et d’accessoires haut de gamme.
Dès l’origine, son ambition était d’ouvrir des perspectives économiques concrètes pour favoriser l’autonomisation des femmes. « Nous avons démarré notre activité en 2015 en montant une petite structure qui ne comptait que quelques artisanes. Nos principaux défis résidaient dans la structuration de notre capacité de production ainsi que dans la transmission et le développement du savoir-faire, afin de permettre au plus grand nombre de femmes d’accéder à une activité rémunératrice. Nous avons ensuite progressé étape par étape, en réinvestissant et en développant de nouvelles compétences, tout en renforçant nos exigences de qualité et notre organisation. Le véritable changement d’échelle est venu de notre capacité à regrouper plusieurs métiers au même endroit et à accompagner les marques sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Aujourd’hui, les Ateliers Feel Good mobilisent près de 1 500 artisans, en grande majorité des femmes, dédiés à la fabrication d’articles haut de gamme pour des marques et maisons internationales de luxe, principalement basées en Europe et aux États-Unis », a témoigné Faranah Goulamaly lors de la remise de sa distinction honorifique au titre de chevalier de l’Ordre national, dans son domaine d’Ambatolampy Tsimahafotsy.
Modèle économique
Ces artisans fabriquent essentiellement des sacs et accessoires en raphia, des rabanes ainsi que des pièces tressées ou crochetées, tout en développant la broderie et le travail du cuir. « Le raphia demeure l’un des savoir-faire les plus prisés, tout particulièrement le crochet, le tressage et le travail de la matière. Toutefois, notre évolution nous a conduits à intégrer progressivement d’autres métiers comme la broderie, la maroquinerie, la teinture, le prototypage et le développement de produits. Notre rôle ne se limite plus à la simple fabrication, mais nous accompagnons désormais les maisons internationales depuis l’idée initiale ou le croquis jusqu’au prototype et à la production en série. Nous nous engageons également à bâtir un modèle économique où la qualité exigée par le marché mondial crée, à l’échelle locale, des emplois et des revenus durables pour ces femmes », a-t-elle souligné.
Opportunités locales
Distinguée au grade de chevalier de l’Ordre national malagasy, la fondatrice du groupe Feel Good est ainsi récompensée pour son parcours entrepreneurial mené entre Madagascar et l’international, ainsi que pour son engagement constant en faveur de l’autonomisation des femmes. L’ancien gouverneur de la Banque centrale de Madagascar, Henri Rabarijohn, a prononcé son éloge, retraçant ses années d’entrepreneuriat, ses réussites, ses épreuves et l’essor de ses activités sur le territoire national et à l’extérieur. « Cette distinction m’invite à mesurer le chemin parcouru. Partant d’une page blanche, sans avoir hérité d’une entreprise familiale, j’ai traversé, durant ma carrière, des moments de succès, mais aussi des périodes où tout semblait perdu. Je ne crois plus qu’il faille poursuivre ses objectifs au détriment de ce qui compte pour nous. On peut bâtir de grands projets et réussir pleinement, tout en restant profondément fidèle à ses valeurs », a exprimé la récipiendaire, qui réaffirme sa volonté de continuer à créer des opportunités locales tout en répondant aux standards internationaux.
La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités des corps diplomatiques, des institutions et du monde des affaires. Parmi les invités figuraient notamment l’ambassadeur de l’Union européenne, Roland Kobia ; l’ambassadeur de France, Jean-Marc Grosgurin ; l’ambassadeur d’Allemagne, Oliver Knoerich ; l’ambassadrice de Turquie, Ebru Demircan ; l’ambassadeur de Suisse, Stefano Toscano ; ainsi que le coordinateur résident des Nations unies, Anthony Ngororano. La ministre du Commerce et de la Consommation, Haingo Andriamadison, la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Lily Rafaralahy, le président du Conseil d’État, Andry Ranarison, la chancelière représentant le Président de la Refondation, ainsi que la maire de la commune d’Ambatolampy Tsimahafotsy, Tsiresilahitsara Rakotoarivelo, ont également honoré l’événement de leur présence.
Navalona R.




