
À l’occasion de la Journée mondiale du droit à l’avortement sécurisé, la journaliste et chercheuse Mbolatiana Raveloarimisa publie « 3 000 femmes », un ouvrage consacré à l’avortement clandestin à Madagascar. S’appuyant sur une enquête de grande ampleur, le livre met en lumière une réalité sanitaire et sociale qui continue de coûter la vie à des milliers de femmes.
Le livre « 3 000 femmes » est disponible depuis le 28 septembre en e-book sur Amazon Kindle, Apple Books, Kobo, Vivlio, Smashwords et Thalia. Son titre fait référence à une réalité alarmante : près de 3 000 femmes seraient décédées des suites d’un avortement clandestin entre le début de la rédaction de l’ouvrage et sa publication. L’autrice, chroniqueuse et spécialiste des droits humains, s’appuie sur une enquête menée auprès de 4 500 personnes dans sept régions du pays. Huit femmes ont également accepté de livrer leur témoignage.
Législation
Les résultats dressent le portrait d’une population loin des stéréotypes souvent associés à l’avortement : la plupart des femmes concernées sont adultes, vivent en couple et se déclarent chrétiennes.
Au-delà du constat, le livre intervient dans un contexte politique marqué par les discussions autour d’une éventuelle révision constitutionnelle. Il questionne la place des droits reproductifs dans le débat public, alors que Madagascar figure parmi les rares pays au monde où l’avortement demeure interdit sans exception.
L’ouvrage apporte également un éclairage historique, en contestant l’idée selon laquelle l’avortement serait étranger à la culture malgache. Selon les recherches présentées, des pratiques encadrées existaient avant la période coloniale, tandis que l’interdiction actuelle trouve son origine dans la législation française imposée à la fin du XIXe siècle. Présenté lors d’un lancement original mêlant slam, théâtre et lectures de témoignages, « 3 000 femmes » ambitionne désormais de nourrir le débat sur un sujet aussi sensible que crucial pour la santé publique.
Narindra Rakotobe




