
Une nouvelle Aire Marine Protégée a été créée dans la Baie d’Antongil en vue de protéger les ressources naturelles marines et côtières.
L’objectif consiste à sécuriser des zones littorales et marines étendues sur une superficie de plus de 400 000 ha, réparties entre les régions d’Ambatosoa et de la SAVA. Deux préfets ont signé dernièrement l’arrêté de mise en protection temporaire de cette nouvelle Aire Marine Protégée de la Baie d’Antongil, à Maroantsetra, et ce, pour une période de deux ans. Cette décision marque une étape réglementaire franchie avant le classement définitif de ce site promu par la Wildlife Conservation Society. Il faut savoir que plus de 100 000 personnes vivant dans les communautés environnantes dépendent des ressources marines dans la Baie d’Antongil, étant donné qu’il s’agit de leur principale source d’activité et de moyen de subsistance. Ces communautés locales ont d’ailleurs manifesté leur volonté de contribuer à la protection de ces zones littorales et marines ainsi que des ressources marines de leur territoire, lors de la consultation publique, tout en soulignant l’importance de la cogestion du site et du soutien à leurs moyens de survie.
Zone de reproduction des baleines. La promulgation de cet arrêté vise à appliquer des mesures de gestion des ressources marines. Les populations issues de 14 fokontany dans 16 communes, réparties dans les districts de Maroantsetra, de Mananara Nord et d’Antalaha, sont concernées. À titre d’illustration, elles s’engagent à entreprendre une activité de pêche de manière durable sur les Aires de Pêche gérées localement. Les communautés locales travaillent également en étroite collaboration avec les officiers de police judiciaire pour mener des patrouilles de surveillance. La Baie d’Antongil a été choisie par le ministère de l’Environnement et du Développement durable par le biais du projet GEF6-AMP, ou projet d’extension et de consolidation du Réseau des Aires Protégées Marines de Madagascar, financé par le Fonds pour l’Environnement mondial. En effet, c’est une zone de reproduction des baleines à bosse, qui y passent à chaque hiver austral. La Baie d’Antongil est également classée Zone clé de la biodiversité, étant donné que plus de 1 % de la population mondiale de cette espèce migratrice s’y concentre durant cette période.
Gouvernance partagée. Par ailleurs, le site abrite 13 espèces de mammifères marins, trois espèces de tortues marines et 140 espèces de poissons, dont 19 espèces de requins, a-t-on appris. En outre, les ressources marines dans ses récifs, ses herbiers et ses mangroves constituent les principales sources de revenu et les moyens de subsistance de toutes les familles de pêcheurs vivant dans les zones côtières. Toutes les parties prenantes dont, entre autres, les autorités locales, les représentants des services techniques déconcentrés, l’ONG MCS et les communautés de pêcheurs organisées en Aires de Pêche gérée localement, s’attèlent depuis plusieurs années à la protection de cette nouvelle Aire Marine Protégée dans la Baie d’Antongil. Elles s’engagent notamment à assurer une gouvernance partagée, ou une cogestion, de ces ressources naturelles marines.
Préserver la biodiversité marine. Avec la Baie d’Antongil, le projet GEF6-AMP, sous tutelle du ministère de l’Environnement et du Développement durable, a contribué à la sécurisation de quatre nouvelles Aires Protégées Marines sous statut de mise en protection temporaire. Les trois autres sites sont notamment Tandavandriva Nosy Be, Atimo Vata’e et Sorkay Sainte-Marie. Ces quatre nouvelles Aires Protégées Marines couvrent au total 1 783 062 hectares. L’objectif consiste à préserver la biodiversité marine exceptionnelle faisant la réputation de la Grande Île au niveau mondial, ainsi qu’à renforcer la résilience des communautés locales de pêcheurs face aux effets néfastes du changement climatique. Pour une meilleure efficacité de la gouvernance et de la gestion locale de ces Aires Protégées Marines, la promotion de la diversification des revenus des pêcheurs, à travers la mise en place d’activités génératrices de revenus, constitue une priorité. Ces communautés issues de la zone côtière des sites protégés doivent également tirer profit des retombées économiques de la conservation.
Navalona R




