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jeudi, septembre 10, 2026
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Banque mondiale : Appui confirmé aux réformes énergétiques et minières

Rencontre de la délégation malgache avec Anna Bjerde, numéro deux de la Banque mondiale.

Madagascar a réussi son offensive diplomatique et économique à Washington. Les partenaires techniques et financiers sont prêts à accroître les appuis dédiés à la Grande île, dans les secteurs prioritaires.

En marge des Spring Meetings 2026 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, une rencontre de haut niveau s’est tenue le 17 avril dernier entre la délégation malgache et Anna Bjerde, Managing Director of Operations de la Banque mondiale. La partie malgache était conduite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, accompagné du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, de l’ambassadeur de Madagascar aux États-Unis ainsi que des représentants de la BFM (Banky Foiben’i Madagasikara). Cette réunion a été consacrée aux priorités de réforme et de financement pour Madagascar, dans un contexte international encore marqué par la hausse des prix mondiaux, les tensions sur les approvisionnements énergétiques et la nécessité, pour les pays vulnérables, d’accélérer leur transformation économique. Pour la Banque mondiale, Madagascar dispose d’un potentiel important, mais celui-ci doit être soutenu par des réformes structurelles, une gouvernance renforcée et des mécanismes de financement capables de répondre rapidement aux chocs.

Priorité stratégique

L’énergie a occupé une place centrale dans les échanges. La Banque mondiale a insisté sur l’urgence d’accélérer l’accès à l’électricité, de diversifier les sources d’énergie et de renforcer la viabilité du secteur. La situation actuelle, marquée par la crise énergétique et les difficultés d’approvisionnement, confirme l’importance d’une réforme en profondeur. Les importations depuis Oman ne suffisent pas à couvrir durablement les besoins, tandis que les prix dans le Golfe ont fortement augmenté. Dans ce contexte, la réforme de la Jirama apparaît comme une priorité stratégique, à la fois pour améliorer la transparence, restaurer l’équilibre financier du secteur et rassurer les partenaires techniques et financiers. Au-delà de l’énergie, la Banque mondiale a également formulé plusieurs recommandations structurantes. Elles concernent notamment l’amélioration de la gouvernance du secteur privé, la poursuite de la lutte contre la corruption, l’adoption d’une nouvelle loi sur le secteur minier et la formation des professionnels afin de renforcer les capacités locales. Ces chantiers sont considérés comme essentiels pour restaurer la confiance entre les institutions, les investisseurs et les opérateurs économiques. Pour les partenaires, la crédibilité des réformes sera déterminante pour attirer de nouveaux financements et encourager les investissements privés.

Environnement plus attractif

La question minière figure parmi les priorités. L’adoption d’un nouveau cadre légal est jugée nécessaire pour mieux valoriser les ressources du pays, sécuriser les investisseurs et garantir une meilleure contribution du secteur au développement national. La Banque mondiale encourage ainsi Madagascar à avancer sur des réformes capables d’associer attractivité économique, transparence et retombées concrètes pour la population. La réunion a également permis d’aborder les instruments financiers susceptibles d’accompagner ces réformes. La Banque mondiale a présenté l’intérêt des financements préarrangés, destinés à permettre une réponse plus rapide en cas de crise. Dans cette logique, chaque pays est appelé à allouer une partie de ses ressources à des mécanismes de réponse aux chocs. L’IDA Crisis Response Window, doté d’une enveloppe de 100 milliards USD, constitue un levier majeur, dont une partie importante est orientée vers des projets sociaux ciblant les populations affectées par les crises.

Privilégié

Madagascar devrait également bénéficier d’une attention particulière dans le cadre de Mission 300, l’initiative destinée à accélérer l’accès à l’électricité en Afrique. Le pays est présenté comme le troisième plus grand bénéficiaire de ce volet énergie, après le Nigeria et l’Éthiopie. Un plan d’action spécifique devrait ainsi être élaboré pour Madagascar, en coordination avec ces deux autres grandes plateformes africaines. Cette reconnaissance positionne le pays comme un acteur stratégique dans l’agenda énergétique du continent. La Banque mondiale encourage par ailleurs le recours au blended finance, combinant les ressources concessionnelles de l’IDA et les capitaux privés. Pour Madagascar, l’enjeu est de faire converger les financements publics et privés vers des résultats observables, notamment en matière de création d’emplois, d’exportations, d’innovation et d’accès aux services essentiels.

Concrets

Les prochaines étapes porteront sur la mise en œuvre d’un plan d’action conjoint, l’accélération des réformes de la Jirama, l’adoption de la nouvelle loi minière, le renforcement de la gouvernance du secteur privé et le suivi spécifique des objectifs d’électrification. La formation des professionnels fera également partie des priorités afin de consolider les compétences locales nécessaires à la transformation du pays. Cette rencontre confirme ainsi le soutien de la Banque mondiale aux réformes engagées par Madagascar. Elle marque également une étape importante dans la préparation d’un accompagnement plus structuré, combinant réformes, financements innovants et mobilisation du secteur privé. Pour Madagascar, l’objectif est désormais de transformer l’appui des partenaires en résultats concrets pour l’économie, les entreprises et la population.

Antsa R.

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