
Le 14 octobre, la société américaine Colossal Biosciences a dévoilé « GenoMorph », une plateforme d’intelligence artificielle qui a repéré environ 2 300 éléments génétiques susceptibles de façonner le bec et le crâne du dodo, disparu de Maurice vers 1662. Il ne s’agit pas de cloner l’oiseau. L’entreprise vise un oiseau « fonctionnel », obtenu en modifiant, par Crispr, un correcteur orthographique pour l’ADN, les cellules du pigeon de Nicobar. Pour Madagascar, l’enjeu est concret. La Grande île a perdu l’oiseau-éléphant et des lémuriens géants, l’espèce ayant le plus de traces génétiques susceptibles d’être traitées, et ses forêts s’appauvrissent. Un outil conçu pour des espèces au génome mal connu pourrait aider à étudier ses lémuriens, ses tortues radiées et ses oiseaux endémiques menacés, et ouvrir des partenariats scientifiques aux chercheurs malgaches. Les critiques craignent toutefois que ces promesses détournent l’attention de la protection des habitats. Pour Madagascar, la priorité reste de sauver ses forêts, avant toute résurrection pour les ONG environnementales financées par les bailleurs occidentaux.
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