
Zones longtemps confrontées à des problèmes d’insécurité et d’enclavement, ainsi qu’à des défis économiques et sociaux, le district de Betroka, dans la région Anôsy, et le massif d’Andriry, chaîne montagneuse isolée dans le Sud de Madagascar, longtemps considérée comme une zone rouge et un refuge pour les « malaso », affichent aujourd’hui une dynamique progressive de stabilisation et de développement.
Des progrès notables ont été enregistrés ces dernières années dans cette zone du Sud de Madagascar réputée pour ses faits d’insécurité et sa situation d’isolement. La mise en œuvre de plusieurs projets visant à désenclaver la zone et à accompagner les communautés, a permis de percevoir des changements majeurs en matière de sécurité et de cohésion sociale. En font partie les projets financés par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la Paix (PBF) suivant plusieurs priorités stratégiques. La Journée internationale de la paix (21 septembre) était une occasion pour célébrer ces avancées. Une visite conjointe du Premier ministre, de la délégation du système des Nations Unies et des représentants des partenaires internationaux, a eu lieu à Betroka à cette occasion dans l’objectif de constater les progrès réalisés sur le terrain dans le cadre du portefeuille financé par le PBF à Madagascar.
Résultats concrets
Il faut savoir que le PBF accompagne Madagascar depuis maintenant dix ans en matière de prévention des conflits, de cohésion sociale et de paix. 52 millions USD, soit environ 227 milliards d’ariary ont été mobilisés au cours de cette période, pour soutenir des programmes mis en œuvre avec les agences des Nations Unies, la société civile et les autorités malgaches.
Ainsi, au cours des dix dernières années, les interventions menées dans le Sud ont contribué, d’une part, à renforcer les mécanismes de prévention et de règlement des conflits, et d’autre part, à favoriser la participation des jeunes et des femmes aux espaces locaux de concertation, à soutenir les activités économiques, et à faciliter l’accès aux services de l’Etat. Parmi les réalisations ainsi obtenues figurent les 3 100 affaires traitées par les cliniques juridiques dans le Sud, permettant à de nombreux habitants d’accéder pour la première fois à des mécanismes d’information et d’accompagnement juridique ; la présence dans 13 régions d’un réseau de jeunes observateurs de l’Observatoire national des droits humains (ONDH); ou encore la formation de plus de 4 100 leaders universitaires au dialogue et à la gestion des conflits.
Andriry Milamy
Pour la zone du massif de l’Andriry en particulier, elle bénéficie depuis 2024 du projet «Renforcement d’une paix inclusive et durable dans le massif de l’Andriry » (projet Andriry Milamy) mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Le projet consolide les acquis des interventions précédentes et étend les actions de proximité aux communautés situées à l’intérieur du massif, dans les régions d’Anôsy, d’Androy, d’Ihorombe et d’Atsimo Atsinanana. Il intervient notamment en faveur de la cohésion sociale, du désenclavement des communautés, de la gouvernance locale inclusive, et de l’accès aux services publics et aux opportunités socio-économiques. Une attention particulière est accordée aux jeunes et aux femmes afin de renforcer leur participation aux mécanismes locaux de gouvernance, de prévention des conflits et de développement.
De « malaso » à sensibilisateur
L’insertion socio-économique des jeunes constitue également un levier important de prévention durable des tensions et de construction de nouvelles perspectives.
Le parcours d’Innocent, un jeune de la commune de Bekorobo et non moins ancien « malaso » illustre le changement porté par cette dynamique. « Actuellement, je sensibilise aussi les autres jeunes malaso. J’ai déjà réussi à convaincre plusieurs d’entre eux d’arrêter cette activité. Beaucoup se sont tournés, comme moi, vers l’élevage et l’agriculture. Je leur transmets les connaissances acquises lors des formations dont j’ai bénéficié. Je veux transmettre un message d’espoir. Je veux que les jeunes sachent qu’il est toujours possible de changer et de construire une nouvelle vie », témoigne-t-il.
Dans la mise en œuvre de ces divers projets, des résultats ont été constatés et des enseignement ont été tirés. Il s’agit dorénavant de pérenniser les acquis, de capitaliser les expériences et de renforcer leur appropriation par les institutions et les communautés, afin que les dynamiques engagées puissent se poursuivre au-delà des cycles de projets et de financement.
Hanitra R.




