
Le bureau indépendant anti-corruption est une fois de plus sollicité sur une affaire impliquant des hauts responsables.
Un autre dossier de corruption qui cite un ancien ministre a débarqué il y a quelques jours sur la table du bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Les techniciens de cet organe en charge de la répression contre les faits de corruption s’y penchent depuis déjà quelques jours, a-t-on entendu d’une source concordante. Les premières convocations auraient été déjà entamées et cette semaine, d’autres personnes pourraient aussi faire un tour à Ambohibao pour être entendues par les enquêteurs, notamment cet ancien membre du gouvernement. Ce dernier risque d’être traîné en justice, qui, pourtant, devrait être la compétence de la Haute Cour de Justice si les faits se sont déroulés durant l’exercice de son mandat de ministre. De leur côté, les responsables au niveau du Bianco restent discrets sur les tenants et aboutissants de ce dossier. De son habitude, le Bianco évite d’étaler en public les affaires qu’il traite, contrairement à l’offensive qu’il a menée dans le dossier de la caisse nationale de prévoyance sociale.
Mandat de dépôt. Récemment, l’affaire au niveau de la Cnaps a fait beaucoup de bruit. Le directeur général, le président du Conseil d’administration et d’autres membres du board de cet établissement sont actuellement en détention préventive après avoir comparu devant les juges du pôle anti-corruption la semaine dernière. Le bureau indépendant anti-corruption parle d’une « grande corruption » qui a conduit à des « cas d’enrichissement illicite perpétrés par des hauts responsables » de la Cnaps. L’achat d’un terrain de 9700 m² est à l’origine de la malversation financière. « Consentie par le premier responsable de cet établissement après aval de son instance délibérante, la vente illégalement disproportionnée, avec un prix exorbitant de 12,5 milliards d’ariary pour un terrain d’une superficie de 9700m2, a permis à certains membres et dirigeants de la Cnaps de bénéficier d’une commission de 1,3 milliards d’ariary versée, après partage, dans leurs comptes bancaires respectifs » a publié le bureau anti-corruption. Le Pôle anti-corruption a resserré l’étau autour des dirigeants de l’établissement qui se trouvent actuellement sous les verrous.
Cour des Comptes. Dans cette affaire de grande corruption au sein de la Cnaps, les responsables du bureau indépendant anti-corruption se montrent intraitables par rapport à leur mission de traquer les voleurs en col blanc qui siphonnent les caisses publiques. Si cette rigueur est maintenue, le fléau pourrait connaître une baisse. Et ce ne sont pas les faits qui manquent. Les juges de la Cour des Comptes ont, eux aussi, démontré que des malversations financières ont également eu lieu dans le cadre de la gestion de la pandémie de Covid-19 en 2020. Des irrégularités ont été soulevées par cette juridiction au niveau de la gestion de plusieurs milliards d’ariary des fonds disponibles qui ont été destinés à riposter contre la propagation du virus dans le pays. Les juges citent des ministères et des organismes publics, démontrent les cas de violation des textes en vigueur avec des argumentations bétons. Entre autres, l’affaire dite « bonbons sucettes » au niveau du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Plus de 8 milliards d’ariary ont été gérés au mépris de l’orthodoxie financière. Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCCDED) a été également saisi pour cette affaire. Les enquêteurs du Bianco sont donc attendus à plancher sur ces cas exposés par la Cour des Comptes.
Rija R.




