
Plus de 3 200 milliards d’ariary sont désormais orientés vers les territoires à travers la loi de finances rectificative (LFR) 2026. Une évolution qui traduit la volonté du ministère de l’Économie et des Finances de rapprocher davantage les ressources publiques des besoins locaux et des priorités régionales.
Le budget de l’État prend davantage le chemin des territoires. Dans le cadre de la loi de finances rectificative 2026, 12% de la part du budget général de l’État sont alloués aux structures et aux collectivités territoriales décentralisées, soit plus de 3 200 milliards d’ariary réorientés vers les territoires. Pour le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), cette évolution doit contribuer à renforcer l’autonomie de décision et d’investissement au niveau local. L’enjeu est de permettre aux administrations territoriales et aux collectivités de disposer de marges accrues pour répondre aux besoins exprimés sur le terrain. Au-delà du montant, le mouvement traduit une inflexion dans la manière d’aborder la dépense publique : les ressources ne sont plus seulement pensées à partir du niveau central, mais davantage en fonction des réalités régionales. Cette orientation s’inscrit dans une logique de rapprochement entre programmation budgétaire et priorités locales, avec l’ambition d’améliorer l’efficacité des interventions publiques. Pour le MEF, il s’agit aussi de mieux responsabiliser les acteurs territoriaux dans l’identification des besoins et l’utilisation des moyens qui leur sont destinés. La réorientation de plus de 3 200 milliards d’ariary constitue ainsi l’un des principaux marqueurs budgétaires de l’exercice 2026 en faveur des territoires.
Responsabilisation
Cette territorialisation du budget s’accompagne d’un dispositif de concertation plus large. Des conférences budgétaires régionales ont été organisées dans les 24 régions afin de mieux faire correspondre les décisions prises au niveau national avec les besoins recensés localement. Ces rencontres ont permis de recueillir les priorités des territoires et d’associer davantage les responsables régionaux au processus de programmation. Pour le MEF, cette démarche doit contribuer à rendre le budget plus proche des réalités vécues par les populations et plus cohérent avec les enjeux de développement propres à chaque région. Elle répond également à un objectif de responsabilisation des acteurs locaux, appelés à mieux hiérarchiser les projets et à identifier les interventions les plus urgentes. Dans un contexte où les attentes restent fortes en matière d’infrastructures, de services publics, d’accès à l’eau, d’énergie ou encore de soutien aux activités économiques, la capacité à orienter les crédits vers les besoins prioritaires devient déterminante. Le défi sera désormais de transformer ces allocations en réalisations visibles et en services effectivement améliorés. Avec cette nouvelle répartition, le ministère entend consolider une gestion budgétaire davantage tournée vers les territoires, tout en maintenant l’exigence de suivi, d’efficacité et de bonne utilisation des ressources publiques au bénéfice direct des populations.
Antsa R.


