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jeudi, septembre 10, 2026
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Cacao : Une filière qui pèse 450 milliards d’ariary

Le cacao fin de Madagascar est très réputé sur le marché international.

La participation de l’ancien Premier ministre Herintsalama Rajaonairivelo, au mois de février dernier, en pleine période cyclonique, à la conférence internationale sur le cacao, organisée conjointement par l’Organisation internationale du cacao (ICCO) et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a suscité des réactions contrastées au sein de l’opinion publique malgache.

La controverse a pris une dimension internationale après un reportage diffusé par TV5 Monde Afrique, le 10 mars dernier, et durant lequel le cacao a été qualifié de produit secondaire pour Madagascar.

100 millions de dollars

Une affirmation qui a surpris Michel Arrion, le directeur exécutif de l’ICCO. Dans une correspondance adressée au Conseil national du cacao, il a tenu à rectifier cette perception, en soulignant que le cacao constitue l’un des principaux produits d’exportation du pays. Selon lui, la filière génère environ 450 milliards d’ariary, soit près de 100 millions de dollars, au bénéfice de quelque 30 000 producteurs. Une manière, pour le directeur exécutif, de signifier l’importance de «cette conférence de Genève qui a rassemblé la quasi-totalité des membres exportateurs de l’ICCO et qui a constitué un moment important pour la gouvernance mondiale de la filière cacao ». C’était à cette occasion, d’ailleurs, que le nouvel accord international sur le cacao 2026 a été signé, notamment, par trois hautes autorités représentant leurs États respectifs : le Togo, le Nicaragua et la Côte d’Ivoire, des pays majeurs de la filière. Ayant été contraint à un départ anticipé pour cause de cyclone, l’ancien Premier ministre n’a pas pu signer cet accord, même si sa signature aurait été la confirmation de l’engagement constant de Madagascar au sein de l’ICCO.

Essentiel

En tout cas, les professionnels de la filière cacao estiment qu’il est opportun, pour le prochain gouvernement, de procéder au suivi des actions menées dans le cadre de la présence de Madagascar à cette conférence. Et ce, pour la bonne et simple raison que, même si, contrairement à la vanille, qui est fortement médiatisée, la filière cacao est discrète, elle reste essentielle pour le développement du pays. Avec cette valeur économique de plusieurs centaines de milliards d’ariary, selon les années, la filière est une importante source de revenus pour les paysans cultivateurs et les autres acteurs, principalement dans la région de Sambirano. Le cacao malgache bénéficie d’une reconnaissance internationale en tant que « cacao fin », une distinction accordée par l’ICCO à des productions aux qualités aromatiques exceptionnelles. Ce positionnement haut de gamme permet au pays de se démarquer sur le marché mondial, dominé par des géants africains comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Sous-exploitée

Le cacao mérite d’autant plus d’attention et d’initiatives de la part des autorités dans la mesure où, malgré son énorme potentiel économique, la filière demeure sous-exploitée. Plusieurs défis restent ainsi à relever pour faire face à un certain nombre de blocages. Pour ne citer, entre autres, que l’insuffisance de transformation locale, avec une exportation majoritaire de fèves brutes, les contraintes logistiques, notamment dans les zones de production, ou encore les rendements agricoles limités, faute d’encadrement technique suffisant. Dans tous les cas, le cacao est loin d’être un produit secondaire.

R.Edmond.

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