
Le président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, a levé le voile sur les prévisions du calendrier électoral pour l’année 2027. Entre référendum constitutionnel et élection présidentielle, l’organe d’Alarobia affine sa stratégie, tout en rappelant que le dernier mot revient au gouvernement.
L’ambiance était solennelle, ce jeudi, à Anosy. À l’occasion de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), son président, Thierry Rakotonarivo, a profité de l’occasion pour clarifier l’horizon démocratique de la Grande Île. Alors que les spéculations allaient bon train, le numéro un de la CENI a dévoilé un chronogramme qui se veut beaucoup plus précis que les ébauches précédentes. Selon les prévisions annoncées, le rendez-vous est pris pour le mois de juin 2027, concernant le référendum destiné à instaurer la Ve République. Ce scrutin, crucial pour la refondation des institutions, sera suivi de près par l’élection présidentielle, laquelle devrait se tenir en octobre 2027.
Chronogramme
Cette annonce marque une étape importante dans la planification électorale. Jusqu’ici, les documents de référence, notamment la Feuille de route transmise en février dernier à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), restaient sur des fourchettes plus larges. Ce « chronogramme de la Refondation » prévoyait, en effet, une période allant de mai à juillet pour la consultation référendaire, et une fenêtre s’étendant de septembre à décembre pour la présidentielle. En fixant des mois précis, juin pour le référendum et octobre pour la présidentielle, la CENI affiche sa volonté de mieux structurer le processus et d’offrir une visibilité accrue aux acteurs politiques ainsi qu’aux citoyens. Cela permet également d’anticiper les besoins logistiques et financiers de ces deux consultations majeures.
Concertation nationale
Le compte à rebours est ainsi officiellement lancé, mais le chemin reste semé d’embûches. En tout cas, Thierry Rakotonarivo a tenu à tempérer l’enthousiasme général : les dates avancées ne sont encore que des « estimations ». En effet, dans le respect scrupuleux de la hiérarchie des normes, le dernier mot revient au gouvernement, qui devra sceller le destin des électeurs par le sacro-saint décret de convocation. Sur le front technique, les machines de la CENI tournent déjà à plein régime. La pièce maîtresse de l’édifice reste la liste électorale, dont la refonte totale est prévue dès juin prochain. L’enjeu est de taille : accoucher d’un fichier fiable au 25 avril 2027, date butoir au-delà de laquelle les jeux seront faits. Pourtant, cette marche forcée vers les urnes pourrait se heurter au mur de la concertation nationale. Alors qu’Alarobia affiche sa détermination, une frange non négligeable des forces vives, jugeant l’organe défaillant, réclame purement et simplement sa dissolution. Entre volonté technique et blocages politiques, le paysage électoral malgache s’annonce, une fois de plus, électrique.
Julien R.


