
Pour Vara Mada, la première expérience de la cantine scolaire réalisée dans le cadre du programme Mianatra est un succès.
Ils s’appellent Gino, Teco Cardo, Sambiny… Attablés devant leur assiette de riz et de haricots rouges, dans le réfectoire de l’EPP d’Ambohitsabo, ces enfants du préscolaire disent avoir aimé le repas. Le sourire fait le reste.
Avec et pour les communautés
Le 8 septembre dernier, cette école primaire publique sise dans la commune urbaine de Toliara I servait les premiers repas du programme de cantines scolaires Mianatra. Un peu plus de 300 assiettes, un menu conforme aux normes nutritionnelles du ministère de l’Éducation nationale. La cérémonie a été honorée de leur présence par des autorités locales et des dirigeants de Vara Mada et de l’ONG Global Communities. Pour Virginie Bahon, directrice générale en charge des relations communautaires de Vara Mada, la formule tient en une phrase : Mianatra se construit « avec et pour les communautés ». Le programme couvre 35 écoles dans cinq communes du Sud-Ouest — Toliara I, Belalanda, Ankilimalinike, Tsianisiha et Maromiandra —, soit quelque 10 000 élèves et près de deux millions de repas sur l’année scolaire. Les vivres sont achetés localement, et le programme entend, à terme, s’approvisionner directement auprès des producteurs de la région. L’entreprise ne se contente pas d’écrire un chèque. Le montage repose sur un protocole d’accord avec le ministère de l’Éducation nationale, une formation des équipes assurée par les grands formateurs du ministère et, surtout, sur le FEFFI, la structure communautaire de gestion de chaque école. Un gestionnaire bénévole tient le magasin de vivres et le tableau des mouvements journaliers. Cinq personnes assurent le service chaque jour. Les effectifs à servir sont arrêtés la veille pour le lendemain. Les communautés apportent leur part : l’eau, le bois de chauffe que les enfants transportent, le réfectoire, le bénévolat des comités de gestion. C’est cet apport bénéficiaire qui donne au dispositif son caractère de coproduction — et qui, selon ses promoteurs, en conditionne la pérennité.
Porte d’entrée
Phillipe Lemay, directeur pays de Global Communities, a rappelé que l’organisation opère ce type de programme dans l’Androy depuis 2021. En cinq ans, quelque 160 écoles y ont été couvertes et 25 millions de repas servis. Au-delà du repas, la cantine sert de porte d’entrée à d’autres interventions : nutrition, hygiène, activités périscolaires. Chaque établissement élabore un plan d’établissement contractualisé avec l’équipe enseignante et le FEFFI. La cantine est en tout cas bien accueillie par les parents d’élèves, à l’instar de Bernard Jean Claude, qui a déclaré : « Cette cantine réduit nos dépenses, renforce la sécurité et réduit l’oisiveté des enfants », .. Véronique Vahinisoa a assuré, au nom des mères, que les communautés étaient prêtes à assurer la préparation des repas. Le directeur régional de l’Éducation nationale par intérim, Miandrisoa Girardin, a rappelé que les cantines scolaires sont une réalité mondiale reconnue pour améliorer la scolarisation, avant de demander une extension à d’autres écoles. Le chef CISCO a souligné leur rôle incitatif dans la rétention scolaire : à Ambohitsabo, certains élèves qui avaient envisagé d’abandonner sont revenus en apprenant le lancement du projet. Une autre EPP, dans la commune de Marmiandra à Toliara II, a également bénéficié de ce repas de lancement de Mianatra, qui se poursuit désormais tous les jours, avec une organisation qui se peaufine. Bref, les perspectives d’avenir sont plutôt bonnes. Virginie Bahon a indiqué que le programme pourrait doubler et passer à 70 écoles — si le projet minier se concrétise.
R.Edmond.


