
La psychose de pénurie s’installe de plus en plus, notamment dans la capitale où, depuis quelques jours, des files de voitures commencent à apparaître dans certaines stations-service.
Rationnement
D’après un pompiste que nous avons interrogé, l’approvisionnement en gas-oil continue à se faire normalement, mais c’est au niveau du supercarburant que les problèmes commencent à se poser. « Il y a apparemment un rationnement pour l’essence car, au lieu des 10 000 litres habituels, on ne nous livre que 4 000 litres », précise-t-il. Résultat : certaines stations-service n’ont plus de stock. La situation contraste, en tout cas, avec les annonces récentes des autorités sur la disponibilité, à moyen terme, de stocks de gas-oil, de supercarburant et de pétrole. Certaines sources affirment sur ce point que Madagascar n’est, pour le moment, pas affecté par le blocage du détroit d’Ormuz, par où transitent 20% du pétrole mondial. En effet, Madagascar importe surtout des produits pétroliers raffinés en provenance notamment d’Oman, et les routes d’approvisionnement actuelles ne passent pas nécessairement par les zones sous tension.
Miracle russe
Mais la crainte d’une pénurie, et surtout d’une hausse des prix à la pompe, demeure persistante. « La hausse des prix à la pompe est inévitable aux prochains réajustements », explique-t-on, en précisant que, si ce n’est pas au mois d’avril, ce sera au mois de mai. Le problème pourrait par ailleurs s’aggraver avec la fin de contrat annoncée des distributeurs pétroliers classiques. Il reste cependant que le « miracle russe » s’opère, puisque le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a déjà annoncé la possibilité de faire appel à des opérateurs pétroliers russes pour l’approvisionnement en carburant de Madagascar. En effet, le recours à des fournisseurs russes n’est pas impossible puisque plusieurs pays africains confrontés à une crise énergétique ont déjà signé des accords avec la Russie pour des livraisons de produits pétroliers. Mais il ne faut pas non plus se bercer d’illusions, puisque la Russie ne produit pas un pétrole magique moins cher, et le transport vers Madagascar reste long et coûteux, sans compter le fait que les contrats prennent du temps à se concrétiser.
R.Edmond.




