
Le dialogue n’a jamais été rompu entre l’Etat et le Groupement des Pétroliers de Madagascar. L’objectif à terme est de parvenir à une meilleure gestion de la distribution pétrolière à Madagascar.
Pas de panique. Andry Ramaroson, le ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, rassure l’opinion sur le fait qu’aucune pénurie en carburant n’est à craindre. Une manière de répondre aux informations diffusées la semaine dernière dans les médias et les réseaux sociaux sur une possible rupture de l’approvisionnement en carburant dans les prochains jours.
Franche collaboration
« On a encore pour 20 jours de stock d’hydrocarbures », précise le ministre dans une interview qu’il nous a accordée. Par ailleurs, la commande pour le mois d’avril est déjà bouclée et l’arrivée du navire transportant le carburant est prévue pour la fenêtre du 18 au 22 avril prochain. Mieux, pour le mois de mai, l’importation a été confirmée le jeudi 7 avril et on attend la confirmation de la quantité à importer la date de débarquement au port de Toamasina. À noter qu’autrefois, les pétroliers avaient chacun son propre fournisseur. Suite à un appel d’offres lancé par le Groupement des pétroliers de Madagascar, OQ Trading est devenu le fournisseur commun. « Ce système d’achat groupé a permis d’améliorer les procédures d’importation », précise le ministre qui ajoute qu’il y a toujours eu une franche collaboration entre l’Etat et les pétroliers. Sur ce point d’ailleurs, des rencontres entre l’Etat et le GPM ont eu lieu. Pour ne citer que celle qui s’est tenue le 1er avril en présence du Premier ministre, Christian Ntsay, suivie d’une autre qui s’est tenue le 7 avril dernier. « Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, le gouvernement suit de près ce dossier très délicat », selon toujours Andry Ramaroson.
Anomalies
Parmi les points évoqués durant ces rencontres figurent les arriérés que la Jirama doit aux pétroliers. « L’Etat et la Jirama ne refusent pas le paiement de ces arriérés, mais il y a tellement de flous, notamment autour de de leur montant. Et c’est pour cette raison que le ministère de l’Energie et des hydrocarbures a décidé de réaliser des audits sur les achats réalisés par la Jirama. Seuls les achats audités sont à payer au fur et à mesure », selon toujours le ministre qui cite, entre autres anomalies, des livraisons de carburant facturées mais non effectives. La question du passif des pétroliers constitue également un élément de discussion entre l’Etat et les pétroliers. Ce passif, précisons-le, est né du système de prix administré du carburant décidé par l’Etat. « Pour préserver l’intérêt de la population contre une hausse vertigineuse du carburant, l’Etat a opté pour un maintien des prix à un niveau raisonnable, mais cela peut provoquer une perte pour les pétroliers quand les cours du baril et ceux du dollar augmentent, d’où cette obligation pour l’Etat de payer les passifs ». Là également, l’Etat et le GPM n’arrivent pas à accorder leur violon. Alors que le gouvernement annonce un passif de 113 milliards d’ariary, les pétroliers ont trouvé 221 milliards d’ariary. Là encore les discussions se poursuivent entre les deux parties. « On fait preuve d’une franche collaboration mais, pour l’Etat, la priorité c’est l’intérêt de la population qu’on doit préserver en prenant des mesures contre une inflation galopante qui naîtrait d’une hausse des prix à la pompe ». Sur ce point justement, une révision à la hausse n’est pas pour le moment à l’ordre du jour. « Mais tout peut arriver avec le contexte international actuel », conclut le ministre Andry Ramaroson.
R.Edmond.




