
Le Caucus africain 2026 se tient cette semaine à Banjul, capitale de la Gambie. Il s’agit d’une rencontre de haut niveau réunissant les gouverneurs africains auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Les ministres de l’Économie et des Finances, ainsi que les gouverneurs des banques centrales du continent, se concertent cette semaine autour des priorités économiques communes de l’Afrique. L’objectif est de dégager des positions partagées qui seront portées dans le « Mémorandum annuel africain », document stratégique présenté lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Madagascar prend part à cette importante rencontre à travers la participation du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, en sa qualité de gouverneur de la Banque mondiale pour Madagascar. Il est accompagné du gouverneur de la Banque centrale de Madagascar, Aivo Andrianainarivelo. Cette présence traduit la volonté du pays de contribuer aux débats sur les enjeux de financement, de relance économique, de transformation productive et de développement inclusif, tout en faisant valoir ses priorités nationales auprès des partenaires financiers et de développement.
Orientations
Le thème retenu cette année met l’accent sur l’investissement, l’innovation et le développement partagé comme leviers de construction d’économies africaines plus solides, plus résilientes et mieux préparées aux mutations mondiales. Les discussions s’inscrivent dans un contexte marqué par des besoins croissants en financement, les effets persistants du changement climatique, la pression démographique, ainsi que les défis liés à l’emploi des jeunes et à la transformation numérique. Dans son intervention, le ministre des Finances de la Gambie a souligné la nécessité d’investir davantage dans l’innovation pour répondre aux défis structurels du continent. Il a notamment insisté sur l’importance des infrastructures régionales, en particulier dans les secteurs de croissance, du numérique, des transports, des ports et des chemins de fer. Ces investissements sont jugés essentiels pour permettre à l’Afrique de tirer pleinement parti de la Zone de libre-échange continentale africaine, en facilitant le passage des marchés nationaux vers un véritable marché continental. Les échanges de la première journée, hier, ont également mis en avant la nécessité de changer le regard porté sur le continent. L’Afrique ne doit plus être considérée uniquement comme une zone à risque, mais comme un espace d’opportunités, porté par ses ressources naturelles, son potentiel agricole, son dynamisme démographique et ses capacités d’innovation, selon Selma Malika Haddadi, « Deputy chairperson of the AUC (African Union Commission) ». Dans cette perspective, plusieurs intervenants ont plaidé pour une réduction de la perception des risques, notamment à travers la mise en place de mécanismes adaptés, dont une agence africaine de notation stratégique.
Plaidoyers
Le vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique australe et centrale, Ousmane Diagana, a, pour sa part, mis en avant trois piliers essentiels : innovation, inclusion et emplois. Ces priorités rejoignent les préoccupations des pays africains en matière de formation, de santé, d’éducation et de préparation des compétences nécessaires aux métiers de demain. L’appui aux très petites, petites et moyennes entreprises a également été évoqué comme un levier central pour créer des emplois et renforcer les chaînes de valeur régionales. Le Dr Sidi Ould Tah a appelé l’Afrique à parler d’une même voix. Il a plaidé pour une plus grande flexibilité des financements du FMI en faveur du continent, une meilleure affectation des droits de tirage spéciaux à des projets de développement, ainsi qu’un partenariat plus stratégique entre la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Pour les participants, l’enjeu dépasse désormais l’aide traditionnelle : il s’agit de bâtir des partenariats capables d’accompagner l’agribusiness, l’énergie, l’industrialisation et l’innovation afin de construire une Afrique plus prospère et plus souveraine.
Antsa R.




