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vendredi, octobre 16, 2026
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Chronique de Mickey : Le panier de la ménagère et le taux d’inflation officiel

Rappelons que l’inflation est la mesure de la hausse générale des prix selon les statistiques officielles que l’État publie via ses services économiques. Le panier de la ménagère, quant à lui, est l’inventaire des achats d’une famille, que l’on peut distinguer en général en deux types (ménage malgache et européen) : il est vrai que l’on n’achète ni vin ni fromage à chaque course, en supposant donc qu’il diffère.

Officiellement, il est dit que les prix ont augmenté de 8% à 8,6% ces 12 derniers mois dans le pays. Vous et moi, y croyons-nous ? Sans jouer à l’apprenti sorcier, il semble que le scepticisme l’emporte sur la certitude. En allant chaque jour au marché, nous percevons que ce que nous dépensons dépasse largement les taux indiqués. Sans mettre en doute les chiffres annoncés, tout un chacun répète à longueur de journée que tout augmente dans des proportions insupportables. Mais il faut distinguer le ressenti (perception subjective) et la réalité. Essayons d’examiner sans préjugé les choses.

La baguette de pain, par exemple, celle que le citoyen achète le matin, doit normalement peser, selon les professionnels du métier de la boulangerie, 250 grammes à 300 grammes, et elle coûte, depuis trois ans, 600 ariary. En vérité, si nous nous amusons à la peser, elle indique sur la balance moins de 150 grammes ; donc, en faisant le calcul, elle coûte aujourd’hui le double de ce qu’elle doit valoir. Ainsi, nous observons le double (100%) de son prix. Admettons que le prix du pain est stratégiquement politique, comme celui des taxi-be, et que son prix nominal est maintenu artificiellement.

Voyons maintenant le marché dit libre en prenant le prix de la tomate, qui fait partie des ingrédients habituels de nos mets. On dit que le prix est un indicateur de rareté (plus l’offre augmente, plus le prix diminue). Son prix est très minime par rapport à celui de la viande et même à celui des autres légumes. Il fut un temps où, en période d’abondance, on pouvait s’en procurer pour trois fois rien (100 ar le tas de 3 ou 4 unités). Puis est survenu un cyclone et son prix a bondi, jusqu’à ce qu’il faille 200 ariary pour avoir un « cochonnet » de tomate. Il faut avouer qu’il y a de quoi faire râler la première ménagère venue.

Pour dire que les chiffres officiels de l’inflation n’ont que peu de crédit pour le consommateur, et pourtant il y va du pouvoir d’achat du consommateur qui, s’il diminue, toute absence de relance par la consommation entrave toute croissance, surtout pour un pays qui recherche l’autosuffisance alimentaire.

M.Ranarivao

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