
Alors que les cortèges de circoncisions et de « famadihana » paralysent la circulation dans la capitale, l’exaspération monte chez les automobilistes. Un chaos urbain qui fait pourtant le bonheur des orchestres de bapampa, pour qui ces festivités traditionnelles se traduisent par un business particulièrement florissant.
En cette période hivernale, les festivités traditionnelles battent leur plein à Antananarivo, dans le Vakinankaratra et leurs environs. C’est la haute saison pour les « famadihana » (retournement des morts) et les circoncisions. Un moment de joie intense pour les familles qui, accompagnées de « bapampa » (orchestres), descendent dans la rue pour exprimer leur fierté. Cependant, ce spectacle haut en couleur s’accompagne d’un revers bien moins joyeux pour les usagers de la route : des embouteillages monstrueux. Au lieu de rester sur les trottoirs, les cortèges occupent bien souvent l’intégralité de la chaussée. Samedi dernier, le secteur d’Ampasika et ses environs ont sombré dans un embouteillage quasi total. Les usagers de la route sont restés bloqués dans des files ininterrompues pendant près de trois heures. Une situation qui a provoqué une vive exaspération, d’autant plus que le samedi est habituellement considéré comme une journée plus fluide sur le plan de la circulation. Entre automobilistes à bout de nerfs et piétons contraints de se faufiler au milieu des voitures, le ras-le-bol était général.
Coûts. Si ces manifestations paralysent le trafic, elles font en revanche le bonheur des artistes et musiciens traditionnels. Les cérémonies étant indissociables des fanfares et du « hiragasy », les carnets de commandes explosent. Selon les explications d’Yvon Ram, membre du groupe Gasy Mihanta, la prestation pour une circoncision, qui dure généralement une journée, s’élève en moyenne à 1 200 000 ariary pour les 18 musiciens de la formation. Pour un « famadihana », célébré sur deux jours, le tarif atteint environ 1 700 000 ariary. Il précise également que les musiciens arpentent les rues dans une tenue uniforme afin d’offrir une prestation esthétique et de s’unir à la joie des familles. Ces dernières prennent intégralement en charge la nourriture et le déplacement de la troupe, des frais qui grimpent logiquement lorsque les festivités se déroulent en dehors de la capitale.
Narindra Rakotobe


