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jeudi, septembre 24, 2026
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Climat et nutrition : Huit millions d’enfants en Afrique de l’Est et australe exposés à une faim aiguë d’ici 2027 pour cause de Super El Niño

Le scénario probable attendu pour les prochains mois est en train de se concrétiser : un phénomène climatique pouvant entraîner des conséquences inquiétantes dans diverses parties du monde, dont Madagascar en termes de nutrition.

Selon les récentes analyses de l’organisation humanitaire Save the Children, Super El Niño pourrait menacer de faim aiguë près de 8 millions d’enfants d’Afrique de l’Est et australe au début de l’année 2027, soit une augmentation de 30 %, alors que l’un des épisodes El Niño les plus puissants de ces dernières années est déjà à l’origine d’une crise alimentaire qui tend à s’aggraver. 

L’analyse en question consiste en une comparaison des analyses les plus récentes sur l’insécurité alimentaire aiguë (IPC phase 3+, autrement dit, phase de crise ou pire) de six pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe, à savoir Madagascar, Kenya, Mozambique, Zambie, Ouganda et Malawi. Ces pays ont été sélectionnés pour la disponibilité des données les concernant dans le système mondial de suivi de la faim (IPC ou Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire) sur une période de validité allant jusqu’en septembre 2026, et une projection s’étendant jusqu’à la fin de l’année 2026 ou au premier trimestre 2027. Cette période est justement celle durant laquelle les effets d’El Niño devraient atteindre leur pic. L’analyse compare ainsi le nombre de personnes actuellement en situation d’IPC 3+ avec le chiffre prévisionnel pour début 2027 figurant dans le même rapport d’analyse. Quant au nombre d’enfants en situation d’IPC 3+ pour chaque pays, il a été estimé en se basant, d’une part, sur le nombre total de personnes confrontées à des niveaux d’insécurité alimentaire IPC 3+, et, d’autre part, sur la part nationale des enfants dans la population, telle qu’indiquée dans la révision 2024 des « Perspectives démographiques mondiales » des Nations unies.

L’analyse couvre ainsi les pays disposant de rapports IPC récents et où El Niño devrait avoir des conséquences dévastatrices. Outre celles déjà disponibles concernant les six pays cités précédemment, de nouvelles données sur la faim sont attendues prochainement pour la Somalie, déjà identifiée comme étant à risque d’inondations liées à El Niño.

Plus de 16 millions de personnes. À la lumière des données récentes IPC, il apparaît que le nombre de personnes confrontées à des niveaux de faim de crise ou pires (phase IPC 3+) dans ces six pays d’Afrique de l’Est et australe, dont Madagascar, devrait passer de 12,6 millions à 16,4 millions de personnes d’ici mars 2027, en partie sous l’effet du « Super El Niño » qui commence à se profiler. Actuellement, 6 millions d’enfants dans ces six pays souffrent déjà de graves pénuries alimentaires, mais ce chiffre pourrait atteindre 8 millions dans les prochains mois, en l’absence de mesures urgentes pour remédier au problème.

Pour Madagascar en particulier, il ressort des données disponibles qu’environ 502 000 enfants de moins de 5 ans, soit un sur dix, devraient souffrir de malnutrition aiguë entre mai 2026 et avril 2027. Parmi eux, environ 78 000 enfants devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle de malnutrition nécessitant un traitement médical d’urgence.

Combinaison dangereuse

L’aggravation de la crise alimentaire dans une grande partie de la région Afrique de l’Est et australe résulte de l’un des phénomènes climatiques El Niño les plus intenses de ces dernières années, associé à des températures mondiales record : une combinaison qui provoquera assurément de graves sécheresses, de mauvaises récoltes et des pertes de bétail dans certaines régions d’Afrique australe.

Parallèlement, le phénomène El Niño provoquera des inondations dévastatrices dans certaines régions d’Afrique de l’Est, plongeant encore davantage dans la crise des familles déjà vulnérables.

Save the Children insiste sur la gravité des impacts à venir d’El Niño, celui-ci se déroulant dans un contexte de conflits, de famine, de déplacements de population, d’instabilité économique et de réduction des financements humanitaires. Sans une intervention rapide, a-t-il été indiqué, les chocs climatiques risquent d’aggraver les vulnérabilités existantes et d’accentuer les besoins humanitaires, en particulier pour les enfants.

Yvonne Arunga, directrice régionale de Save the Children pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, a déclaré : « La faim ne se résume pas à des estomacs vides. Les enfants qui ne disposent pas d’une alimentation suffisamment nutritive sont plus exposés à la malnutrition, aux maladies, à l’absentéisme scolaire et à des risques accrus d’exploitation et d’abus. Plus les familles restent longtemps sans aide, plus il devient difficile pour les enfants de s’en remettre », a-t-elle ajouté, précisant que lorsque les moyens de subsistance des familles sont détruits par les inondations ou la sécheresse, les enfants peuvent être exposés à des risques accrus de travail des enfants, de traite, de négligence, de violence, de mariage précoce forcé et d’autres formes d’exploitation.

Anticipation

« Nous savons qu’El Niño approche. Nous savons quels enfants sont les plus exposés. Et nous savons que les mesures préventives sont efficaces. Les gouvernements doivent transformer les alertes précoces en actions rapides afin de protéger les services essentiels tels que les écoles, les hôpitaux, l’approvisionnement en eau et les systèmes de protection sociale, avant que la crise ne frappe », rappelle Yvonne Arunga, appelant à l’implication de la communauté internationale et des bailleurs de fonds dans l’investissement en faveur de cette cause, avant que les sécheresses, les inondations et les crises alimentaires ne s’aggravent. 

Pour rappel, Save the Children est présent à Madagascar depuis 2016 et mène des activités dans les secteurs de la nutrition, de l’éducation, de la protection et des moyens de subsistance. En 2025, les programmes de cette organisation ont positivement impacté 37 464 personnes, dont plus de 12 000 enfants.

Hanitra R.

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