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samedi, septembre 12, 2026
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CMIL : La discrète gardienne de nos libertés numériques

La présidente de la CMIL a honoré la cérémonie.

Le lancement de la Commission Malagasy de l’Informatique et des Libertés (CMIL) s’est déroulé à l’Hôtel de la Poste, à Antsiranana, les 28 et 29 mai. La cérémonie a eu lieu en présence des responsables locaux, en particulier le délégué régional de DIANA, le préfet d’Antsiranana et le vice-maire de la Commune urbaine de Diego-Suarez. Après Antananarivo, la cité de Varatraza a eu l’honneur d’accueillir cette opération.

Le premier jour, une présentation sur la CMIL et ses buts a été faite aux participants. Dans le courant de l’après-midi, une session de débats a été mise en place pour les étudiants universitaires. Dans son allocution, Laou-Po Wing Wilfrid, vice-président de l’institution, a insisté sur l’importance cruciale de l’implication des universitaires dans la popularisation du projet auprès du grand public. « Vous représentez notre image. Vous êtes chargés d’expliquer ce qu’est la CMIL ici et pourquoi nous vous avons choisis », a-t-il déclaré… Un quiz a été organisé au sixième étage de l’Hôtel de la Poste, le vendredi 29 mai, dans le but d’aider ces jeunes à mieux comprendre les enjeux relatifs à la protection des données personnelles et les objectifs. La compétition a réuni plus de vingt équipes provenant de diverses facultés et institutions universitaires. Le premier prix a été attribué à l’équipe ODIA, qui représente l’Institut Supérieur de Technologie d’Antsiranana. Les autres places du podium ont été prises par Team Ray et Overflow, classées respectivement deuxième et troisième.

Les autorités locales saluent l’initiative de l’institution.

La Grande île face à l’avènement numérique

Dans les discussions concernant la modernisation de l’État, on se focalise fréquemment sur les infrastructures, les investissements ou les avancées technologiques. Plus rarement sur la question de la protection des données à caractère personnel. Cependant, à l’ère numérique actuelle, la confiance des citoyens dépend également de la capacité des institutions à assurer la protection des données qu’elles acquièrent. À Madagascar, c’est la Commission Malagasy de l’Informatique et des Libertés qui est chargée de cette mission. Bien que cette institution reste encore méconnue du public, son importance grandit avec l’avancée de la transformation numérique du pays.

L’événement a attiré l’attention du public.

Le défi est de grande envergure

Jamais les institutions, les sociétés et les prestataires de service n’ont eu autant d’informations sur les citoyens. Identité, informations personnelles, renseignements professionnels ou administratifs : chaque interaction avec une plateforme numérique crée une empreinte. Un précieux outil pour optimiser l’efficacité des services publics, mais aussi une possible source de risques si sa protection est insuffisante ou si son utilisation n’est pas suffisamment sécurisée. C’est dans cette optique que la loi n° 2014-038 sur la protection des données personnelles a mis en place un cadre légal visant à réglementer les traitements de données à Madagascar. La CMIL est responsable de la mise en œuvre de ce mécanisme, en assurant le respect des droits des citoyens et la conformité des activités des entités publiques et privées. Cependant, les tâches de la Commission ne se limitent pas à la vérification. Elle s’intègre dans un cadre plus vaste, celui de l’établissement d’une gouvernance numérique fiable, étant donné que l’efficacité de la numérisation de l’administration repose autant sur les technologies utilisées que sur la confiance qu’elles suscitent… « Comment persuader un individu de divulguer ses informations privées si leur protection n’est pas garantie ? Comment concevoir des services numériques efficaces sans un système de protection approprié ? Comment favoriser l’innovation sans porter atteinte aux libertés individuelles ? », Effectivement, ces questions forment le noyau central des stratégies numériques à l’échelle mondiale. Madagascar ne fait pas exception à cette équation. L’augmentation des plateformes numériques, l’actualisation de l’état civil et la transformation numérique des processus administratifs nécessitent des systèmes de sécurisation solides.

L’équipe ODIA de l’IST-D a remporté le quiz.

Données préservées

Ainsi, la CMIL se positionne comme l’un des piliers d’une structure institutionnelle destinée à s’affirmer avec le temps. Sous la supervision conjointe du ministère de la Justice et du ministère en charge du développement numérique, la Commission travaille particulièrement avec l’ARTEC dans le but de renforcer l’écosystème national de la gouvernance numérique. Une collaboration qui reflète une sensibilisation croissante : la souveraineté numérique dépasse le simple cadre de la connectivité ou des infrastructures. Elle comporte aussi la gestion et la sauvegarde des données générées par les citoyens. Alors que Madagascar s’intègre de plus en plus dans l’économie numérique mondiale, la problématique des données personnelles ne sera plus une question technique limitée aux experts. Cela constituera un enjeu démocratique de première importance. Dans cette progression, la CMIL est censée assumer un rôle crucial, celui de protectrice des libertés personnelles dans un monde numérique de plus en plus vaste.

Les étudiants de l’Université d’Antsiranana ont massivement répondu à l’appel !

En définitive, au-delà des procédures administratives et des textes de loi, la sauvegarde des données personnelles concerne un droit essentiel : celui de chaque individu à garder la maîtrise de ses données dans un monde de plus en plus connecté.

Iss Heridiny

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