
Bon nombre d’observateurs accusent le régime de refondation de répéter les mêmes erreurs qui avaient été reprochées à l’ancien régime.
Ascension fulgurante pour le colonel Michaël Randrianirina. Sept mois seulement après son accession au pouvoir, l’officier du CAPSAT vit une véritable « success-story » hors du commun. Ce même officier qui avait refusé de recevoir sa promotion au grade de général pour démontrer au peuple malagasy qu’il a accepté le poste de président « non pas pour des intérêts personnels mais pour sauver le pays de la gabegie du passé ». Le changement est radical. Entre le véhicule blindé de l’Armée du mois d’octobre 2025 et le jet privé d’aujourd’hui, la différence est flagrante. En effet, durant son déplacement pendant le week-end de la Pentecôte dans la capitale de la région Boeny, l’actuel homme fort du pays et sa suite avaient voyagé à bord d’un jet privé flambant neuf, digne des stars du foot mondial, des acteurs et actrices célèbres ou des opérateurs milliardaires tels que Bill Gates ou Mark Zuckerberg. Pourtant, pour le moment, la majorité de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a permis d’obtenir une quelconque explication quant à la provenance de ce nouvel avion présidentiel. S’agit-il d’une nouvelle acquisition de la Présidence de la refondation de la République de Madagascar et de l’État malagasy, ou bien s’agit-il tout simplement d’un avion loué à une compagnie privée ? En tout cas, par rapport aux principes de la bonne gouvernance et par respect de la politique de redevabilité envers le peuple malagasy, les autorités de la refondation devraient faire preuve de transparence. On attend également une réaction de l’Aviation civile de Madagascar (ACM) qui a déjà annoncé, par la voix de son directeur général, Alban Rakotoarisoa, que l’ACM est la seule à être habilitée à communiquer officiellement les informations liées au domaine de l’aviation civile.
Dons financiers
En tout cas, après sept mois de pouvoir, bon nombre d’observateurs accusent le colonel Michaël Randrianirina et la refondation de répéter les mêmes erreurs qui avaient été reprochées à l’ancien régime, telles que les voyages en jet privé, la distribution d’argent et les déplacements régionaux accompagnés d’artistes de renom. Après avoir offert 50 millions d’ariary à la population de Toliara lors de son déplacement dans la ville du Soleil au mois d’avril dernier, puis 150 millions d’ariary au profit du FFKM, le président de la refondation a aussi offert, dimanche dernier, une somme de 50 millions d’ariary à la population de Mahajanga, en guise de « Nofon-kena mitam-pihavanana ». Quid alors de la population de Toamasina, où de nombreuses familles se trouvent encore en difficulté et vivent dans la précarité après le passage du cyclone Gezani au mois de février dernier ? On se demande aussi si ces dons financiers proviennent de la caisse de l’État ou de l’argent propre du couple présidentiel. Au début de son mandat, le colonel Michaël Randrianirina avait annoncé la fin des werawera et du recours aux artistes pour rassembler la foule lors des déplacements dans les régions. Pourtant, actuellement, il est en train de répéter ces mêmes pratiques utilisées, depuis plusieurs décennies, par les politiciens malgaches adeptes de la politique politicienne. La question qui se pose est alors de savoir ce qu’il est advenu des promesses de changement annoncées durant le tolona mené aux côtés des jeunes membres de la Gen Z ?
Davis R




