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mardi, octobre 6, 2026
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Concertation nationale : Andry Rajoelina écarté d’office par le Col Michaël Randrianirina

D’après le Président de la Refondation de la République de Madagascar, « le processus est réservé uniquement aux ressortissants Malagasy et non pas à ceux qui sont à l’extérieur. Et surtout pas à ceux qui ne sont plus Malagasy ».

L’ancien président Andry Rajoelina est écarté d’office du processus de concertation nationale par le colonel Michaël Randrianirina. Il l’a officialisé mardi dernier. Dans une interview publiée sur la page de la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, le PRRM a tenu un discours direct et sans détour en annonçant que « le processus est réservé uniquement aux ressortissants Malagasy et non pas à ceux qui sont à l’extérieur. Et surtout pas à ceux qui ne sont plus Malagasy ». Il s’agit en effet d’une allusion à Andry TGV, dont la nationalité a été retirée par les tenants du régime de refondation au lendemain même de leur accession au pouvoir. Cette déclaration de l’actuel locataire d’Iavoloha fait suite à la résolution prise à l’issue du Sommet par visioconférence de la SADC, qui s’est déroulé lundi dernier, à l’issue duquel la Communauté de développement de l’Afrique australe a demandé « la libération des prisonniers politiques, la fin des arrestations arbitraires des dirigeants de l’opposition et des membres de la Génération Z, ainsi que le retour au pays des exilés politiques ». Des recommandations rejetées en bloc par les dirigeants de la Refondation à Madagascar. Le colonel Michaël Randrianirina estime que le terme « inclusive » signifie la participation de tous ceux qui sont au pays, à savoir les associations de femmes, les jeunes et les représentants des partis politiques, y compris l’opposition. De leur côté, les dirigeants de la SADC ne l’entendent pas de cette oreille. Les principes des instances internationales prévoient en effet que la résolution de crise doit être réglée d’une manière consensuelle et inclusive. Tous les protagonistes et acteurs clés de la crise doivent donc se retrouver autour de la table des négociations. C’était le cas notamment en 2009, où l’ancien président Marc Ravalomanana, qui était alors en exil en Afrique du Sud, a été convié à toutes les rencontres des mouvances politiques qui étaient en conflit.

Déclaration de guerre. La question est aussi de savoir si le PRRM entend exclure également les membres de la diaspora, dont la plupart possède aussi la carte de nationalité « 8 cm », tout comme l’ancien président Andry Rajoelina. Il convient de rappeler pourtant que, durant sa rencontre avec les membres de la diaspora malagasy en France et dans d’autres pays qu’il avait visités, le colonel Michaël Randrianirina s’était engagé à autoriser le droit de vote à tous les Malagasy résidant à l’étranger. À l’entendre, une décision y afférente serait prévue d’être prise durant la concertation nationale. En tout cas, aux yeux des observateurs, la riposte des dirigeants de la Refondation à ce communiqué de la SADC peut être considérée comme une sorte de déclaration de guerre contre une instance internationale, dont la Grande Île risque de payer le prix fort. Et ce, dans la mesure où une telle prise de position pourrait engendrer des sanctions de la part de la communauté internationale. Comme ce fut le cas sous la Transition, de 2009 à 2014. En tout cas, si l’on se réfère aux réactions du Président de la Refondation, de son Premier ministre, du Président de l’Assemblée nationale et de la ministre de la Justice, on pourrait croire que les tenants du régime actuel n’entendent pas céder aux pressions et prévoient d’ignorer ces recommandations de la SADC. Des recommandations qu’ils considèrent comme une ingérence étrangère bafouant la souveraineté de Madagascar. Avec le choix du régime de Refondation de choisir la Russie comme partenaire privilégié, on peut conclure qu’une rupture progressive avec les pays occidentaux et les organisations internationales est en cours. La question est alors de savoir si un régime de Transition est habilité à engager le pays dans ce genre de décision aussi stratégique, tant en matière diplomatique que sécuritaire.

Davis R

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