
Transition rime toujours avec difficulté économique. La dernière enquête de conjoncture économique (ECE) de la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) vient encore de le confirmer.
Outre un contexte international marqué par de fortes incertitudes, cette dégradation des activités économiques évoquée dans les résultats des ECE au premier trimestre 2026 trouve aussi son origine dans une gouvernance marquée par des ralentissements de la machine administrative, où les priorités sont orientées vers une pléthore de nominations aux hauts emplois de l’État.
Peu encourageantes
Avec ce que cela suppose comme conséquences néfastes sur les activités économiques. « Les résultats de l’Enquête de conjoncture économique (ECE) de la Banque centrale de Madagascar pour le premier trimestre 2026 mettent ainsi en évidence une dégradation de l’activité économique », précise la BFM, qui note « un recul observé dans l’ensemble des catégories d’entreprises, et traduisant un environnement des affaires devenu moins favorable ». Et l’avenir n’est visiblement pas meilleur pour les mois restant au régime de la refondation, du moins si ce dernier respecte la promesse d’une transition de deux ans. L’ECE indique, en effet, que les perspectives pour le deuxième trimestre demeurent également peu encourageantes. « Selon les anticipations des chefs d’entreprise, la morosité devrait se poursuivre. L’Indicateur d’activité économique (IAE) reste en territoire négatif, signe d’une confiance encore fragile du secteur privé. Malgré cette situation, la croissance économique de Madagascar est estimée à 3,8% pour l’année 2026 ».
Inflation
L’enquête révèle aussi des inquiétudes persistantes concernant l’évolution des prix. Entre mars et juin 2026, la proportion des chefs d’entreprise prévoyant une inflation supérieure à 10% a augmenté pour atteindre 43,3%. Toutefois, cette proportion reculerait nettement en septembre 2026 pour s’établir à 14,5%. Par ailleurs, l’incertitude autour des perspectives inflationnistes s’accentue fortement. La Banque centrale note une hausse importante des non-réponses des entreprises interrogées, passées de 12,8% à 41,7%, illustrant les difficultés des acteurs économiques à anticiper l’évolution future des prix dans un contexte international instable. Ces indicateurs traduisent, en tout cas, les défis auxquels l’économie malgache devra faire face en 2026, entre pressions inflationnistes, hausse des coûts de production et ralentissement de l’activité économique.
Vulnérabilité persistante
Quoi qu’il en soit, cette croissance estimée à 3,8% cette année est en dessous de la moyenne africaine, même si cette dernière est en baisse. Selon, en effet, les dernières perspectives du Fonds monétaire international pour l’Afrique subsaharienne, la croissance régionale devrait ralentir à 4,3% en 2026, contre 4,6% annoncés en janvier. Cette baisse s’explique notamment par la vulnérabilité persistante des économies importatrices de pétrole face à la hausse des coûts de l’énergie. Cette dégradation des activités économiques intervient dans un climat mondial tendu. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que les grandes banques centrales maintiennent une politique monétaire prudente afin de contenir les risques inflationnistes. Et Madagascar n’échappe évidemment pas aux répercussions de ces chocs externes. La hausse du prix du pétrole Brent, ainsi que celle des engrais, pèsent directement sur les coûts de production des entreprises nationales.
R.Edmond.




