
La coopération internationale voulue par les nouveaux dirigeants n’est plus un jeu à acteur unique. Elle est devenue un terrain de compétition. Et dans cette partie, la Russie avance désormais à découvert.
La bataille d’influence s’intensifie. Hier, lundi 20 avril 2026, une nouvelle séquence est venue confirmer un basculement en cours. Le chargé d’affaires a.i., Alexeï Buriak, s’est entretenu avec l’inspecteur général de police Erick Michel Wouli Idrissa, confirmant une dynamique désormais assumée par les nouveaux dirigeants militaires. Moscou veut s’imposer comme un partenaire sécuritaire de premier plan, là où les puissances occidentales régnaient sur un terrain quasi exclusif. Selon l’ambassade russe, les discussions ont porté sur « les perspectives de renforcement des relations russo-malagasy dans le domaine sécuritaire ». Une formule diplomatique, mais une réalité beaucoup plus concrète sur le terrain.
Depuis le début de l’année 2026, la coopération militaire entre Antananarivo et Moscou s’est accélérée à un rythme soutenu. Livraisons d’armes, équipements et engins militaires, déploiement d’instructeurs pour former les forces malgaches. Une montée en puissance qui redessine les équilibres et bouscule les partenaires historiques, au premier rang desquels la France. Longtemps considérée comme une chasse gardée occidentale, la coopération sécuritaire malgache est aujourd’hui le théâtre d’une concurrence ouverte. La Russie avance, capitalisant sur une offre directe, visible et rapide, telle que la voulaient les dirigeants militaires dans le pays. Face à elle, les partenaires traditionnels risquent de rencontrer des difficultés à maintenir leur influence dans un contexte géopolitique en recomposition. Mais Moscou ne se limite pas au registre militaire.
Présence globale
Sur le terrain humanitaire, la stratégie est tout aussi offensive. Le 17 avril dernier, à l’aéroport d’Ivato, une nouvelle cargaison d’aide humanitaire en provenance du ministère russe de la Défense a été remise aux autorités malgaches. « Denrées alimentaires à longue conservation, dont pâtes, conserves, huile végétale, et kits de premiers secours composaient ce lot », selon l’ambassade russe. Les premières livraisons remontent à février 2026. Le geste est loin d’être anodin. « Cette initiative reflète l’engagement de la Russie en faveur d’un dialogue ouvert et d’une coopération concrète », a déclaré Alexeï Buriak. Derrière cette déclaration, une ligne stratégique claire : associer sécurité et humanitaire pour renforcer une présence globale et durable. Ce double levier, militaire et humanitaire, permet à Moscou de se positionner comme un partenaire pragmatique, capable d’agir vite. Madagascar devient un terrain de rivalité feutrée mais bien réelle entre puissances.
Rija R.


