
Entre innovation financière et risques d’usage illicite, les autorités entendent mieux encadrer l’essor des actifs virtuels tout en préservant l’intégrité du système financier national.
Un atelier de renforcement des capacités consacré aux actifs virtuels, ou crypto-actifs, est organisé par le Service de renseignements financiers de Madagascar (SAMIFIN), avec l’appui de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Cette rencontre vise à mieux préparer les institutions concernées aux nouveaux défis liés à l’évolution rapide des technologies financières. Présent à l’ouverture de l’atelier, le directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, Zo Razafindrakoto, représentant son ministère, a tenu à clarifier la position des autorités sur ces nouveaux instruments. « Ce ne sont pas les actifs virtuels qui posent problème, mais leur utilisation en dehors du cadre légal », a-t-il souligné. Une manière de rappeler que les crypto-actifs peuvent constituer des outils d’innovation et de développement, mais qu’ils peuvent également être détournés à des fins illicites lorsqu’ils échappent aux mécanismes de contrôle.
Favoriser le développement
Le développement des transactions numériques, l’anonymat relatif de certaines opérations et la rapidité des transferts internationaux peuvent, en effet, compliquer la détection des flux suspects. Ces évolutions imposent ainsi aux administrations, aux organes de contrôle et aux services d’enquête d’adapter leurs méthodes, leurs connaissances et leurs outils d’analyse. Zo Razafindrakoto a rappelé que le ministère de l’Économie et des Finances a pour mission de soutenir le développement économique tout en protégeant l’intégrité et la stabilité du système financier. Cette responsabilité implique notamment le renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi que contre les nouvelles formes de criminalité financière. Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans les orientations de la Politique générale de l’État. L’atelier doit permettre aux participants de mieux comprendre le fonctionnement des crypto-actifs, d’identifier les principaux risques liés à leur usage illégal et de renforcer les mécanismes de prévention, de détection et de traitement des opérations suspectes. Au-delà du partage de connaissances techniques, cette initiative vise également à consolider la coopération entre les différentes institutions impliquées. Face à des pratiques financières qui dépassent souvent les frontières nationales, la coordination entre les acteurs concernés devient indispensable. Le Samifin et l’ONUDC entendent ainsi contribuer à la mise en place d’une réponse institutionnelle plus cohérente, plus efficace et mieux adaptée aux mutations de la finance numérique.
Antsa R


