- Publicité -
mardi, septembre 15, 2026
- Publicité -
AccueilCultureDanse : Lambodoara, l’architecte de l’upcycling chorégraphique

Danse : Lambodoara, l’architecte de l’upcycling chorégraphique

Lambodoara est une figure reconnue et adulée de la chorégraphie traditionnelle à Mahaboboka, voire bien au-delà des frontières malgaches. (crédit photo : Lico Kininike)

Figure emblématique de la danse traditionnelle malgache, Lambodoara, fils d’Antohambato, a fait de son art un langage universel et organique. Un héritage ancestral et une maîtrise technique dont la gestuelle raconte l’âme du Sud.

« Je suis né en 1952, à Antsakavalala, commune d’Antohambato, dans le district de Betioky Atsimo », avance Lambodoara. Sa voix parcheminée et son ouïe affaiblie trahissent quelque peu son âge. Mais le monstre sacré de l’art traditionnel malgache, la danse en l’occurrence, garde encore ce corps affûté, forgé tel celui d’un athlète. « J’ai pu voyager en France, au Ghana, en Suisse et en Italie », reprend-il. Tout cela grâce à la maîtrise des styles « rodabe », « rambo », « reborebo »… Si le Sud de Madagascar est reconnu pour la richesse de sa musique et de ses rythmes traditionnels, il l’est aussi pour sa danse. Lambodoara précise : « ny dihin-draza », la danse des ancêtres. Ses débuts ont été sous l’influence de Fenomana, danseur voltigeur aux poumons d’acier d’Antohambato. « Il y avait beaucoup de danseurs et de troupes par ici », met-il en avant pour signifier un vrai vivier culturel à cette époque. « Ni mon grand-père ni ma mère n’ont dansé. J’ai observé tout seul, ensuite je me suis lancé. » À l’entendre, dans ce village et ses alentours, la danse est la sève organique du quotidien. De pas de danse en pas de danse, Lambodoara finit par créer sa propre troupe. Pour faire simple, il apporte sa touche à l’« amponga paritaky », en le rendant imprévisible. La tension y est palpable, mais ses motifs de danse cristallisent la fluidité. Ensuite, le tout est consumé, parce que les « rodabe », « reborebo », etc. brûlent les graisses. Dans un jeu de codes hors du standard de lissage occidental. Entre flûte, le « sodina », la vièle traditionnelle et les percussions. Du pur génie. Alors, chaque représentation se transforme en spectacle, complémentarité de la chorégraphie théâtrale et de la performance en mouvements. « Nous pouvons danser tous les styles de danse traditionnelle à Madagascar », annonce-t-il fièrement. Pour le trouver, du temps de son prime, c’était dans les espaces des villages, la latérite et les arbres pour décor et scène. Sous un ciel parfois frappant.

Maminirina Rado

Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici