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lundi, août 31, 2026
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Déclaration du FFKM : « Non à la discrimination tribale ou régionale et au détournement des richesses nationales »

C’est le président du FFKM, Mgr Samoela Jaona Ranarivelo, qui a lu la déclaration des quatre Chefs d’Églises.

Les Chefs d’Églises appellent tout un chacun à cesser les propos blessants et les agissements encourageant la division.

Un message direct et sans détour. Les Chefs d’Églises au sein du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) alertent l’opinion sur la situation sociopolitique qui prévaut dans le pays. Dans un communiqué en date du 30 avril 2026 et lu de vive voix par le président en exercice du FFKM, Monseigneur Ranarivelo Samuela Jaona, les « Raiamandreny am-panahy » affirment d’emblée que le Fihavanana, l’une des principales valeurs de la société malgache, est en danger et que la conjoncture actuelle est en train d’alimenter un sentiment d’inquiétude chez les citoyens. Face à un constat lié à la montée des tensions sociales et politiques, aux provocations et aux discours discriminatoires véhiculés à travers les médias et les réseaux sociaux visant à diviser les Malagasy, ainsi qu’à la pauvreté alarmante qui touche la majorité de la population, les quatre Chefs d’Églises décident de sortir de leur mutisme. « Nous voyons tous que le pays se trouve dans un état critique et a besoin de remède immédiat », ont-ils martelé. Aussi, le FFKM appelle-t-il les dirigeants et tous les citoyens à cesser les propos blessants ainsi que les agissements encourageant la division. Les leaders religieux appellent également à éviter la haine, les violences verbales et les provocations. Car, selon eux, aucune refondation ne pourrait durer sans la paix et la solidarité, tout en exhortant chaque citoyen à revenir sur le droit chemin.

Outil de division

Afin de promouvoir la vérité et la justice sociale, les Chefs d’Églises soulignent l’importance du respect mutuel et encouragent tous les acteurs à faire preuve de sagesse dans la manière de s’exprimer, à éviter le recours à la désinformation et à respecter la dignité d’autrui. Monseigneur Ranarivelo Samoela Jaona (EEM), le pasteur Andriamampianina Zaka (FJKM), le docteur Denis Rakotozafy (FLM) et Monseigneur Raoelison Jean de Dieu (EKAR) n’ont pas hésité à pointer du doigt la velléité flagrante de certains politiciens à fomenter la division en s’adonnant à des discours tribaux et/ou ethniques. « La diversité constitue une richesse pour Madagascar et cela ne devrait pas être utilisé pour favoriser la désunion », assènent-ils. Le FFKM invite ainsi tous les responsables étatiques à arrêter les manœuvres de manipulation en usant de la diversité ethnique et régionale pour en faire un outil de division. Selon les Chefs d’Églises, la pauvreté alarmante qui touche actuellement la majorité de la population constitue une violation de la dignité humaine. Ils pointent du doigt le détournement des ressources et des richesses nationales au profit d’une minorité. « Cela constitue un péché grave envers la Nation et vis-à-vis des concitoyens », affirment-ils. Les hommes d’Églises du FFKM appellent les dirigeants du régime de la Refondation à accomplir leurs missions dans la droiture et la justesse, tout en respectant les règles de la transparence afin de défendre les vulnérables et de veiller aux intérêts communs.

Concertation nationale

Par rapport au processus de concertation nationale, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar affirme que « mis à part le culte d’ouverture qui s’est tenu au CCI Ivato le 10 décembre 2025, le FFKM n’a participé à aucune autre rencontre entrant dans le cadre de ce processus ». Une manière de faire savoir qu’ils ont été écartés, malgré le mandat qui leur avait été donné par le PRRM, le colonel Michaël Randrianirina, le 19 novembre 2025. En quelque sorte, les leaders religieux dénoncent une concertation organisée unilatéralement par les autorités de la Refondation. Pour remettre sur les rails ce processus voué à l’échec, le FFKM prévoit d’organiser une concertation à Antananarivo du 18 au 21 mai prochain. « Ceci dans l’objectif d’instaurer un climat apaisé en vue de la tenue d’une concertation nationale sincère », a-t-on expliqué. Reste à savoir si cette nouvelle initiative, organisée en parallèle avec celle des tenants du pouvoir, atteindra l’objectif fixé en termes de crédibilité et d’inclusivité.

Davis R

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