
Face à l’insalubrité et au non-respect des règles d’hygiène, devenus banals, voire presque normaux dans la ville d’Antananarivo, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) durcit le ton en s’appuyant sur les dispositions du Code municipal d’hygiène (CMH).
Accumulation des déchets, rejets d’eaux usées dans les rues, canaux obstrués… la capitale peine à maintenir un cadre de vie salubre. Un fait que tous les Tanariviens et Tananariviennes voient tous les jours et qui est devenu presque « normal ». De son côté, la CUA semble bien décidée à tout changer en annonçant des sanctions à l’encontre des citoyens responsables et coupables de certaines pratiques. Dans son approche, la Commune urbaine entend appliquer, cinq ans après sa révision et une vingtaine d’années après sa mise en application en 2013, les dispositions du Code municipal d’hygiène. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce code fixe des règles strictes en matière d’hygiène et d’assainissement.
Dispositions
Comme l’a rappelé la CUA dans son annonce, le code interdit « le dépôt de déchets dans les rues, les caniveaux ou les canaux, ainsi que le rejet d’eaux usées dans l’espace public ». Il impose également aux ménages de « disposer de toilettes fonctionnelles et de respecter les horaires de dépôt des ordures ». En cas d’infraction, les sanctions correspondent à des amendes allant de 5 000 Ar et pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’ariary, assorties d’une obligation de nettoyer les lieux et de remettre en état l’environnement. Dans sa communication, la CUA a décidé d’une amende de 50 000 Ar à l’encontre des contrevenants. Par ailleurs, dans certains cas, la mise en conformité est exigée, sous peine d’intervention municipale aux frais du contrevenant.
Réalités
Sur le terrain, toutefois, l’application de ces sanctions pourrait se heurter à des contraintes bien réelles. Le manque d’infrastructures, notamment en matière d’assainissement et de gestion des déchets, limite la capacité des habitants à respecter les règles. À cela s’ajoutent des difficultés économiques qui rendent certaines obligations difficiles à assumer. Si la CUA mise sur la fermeté pour instaurer une discipline collective, l’efficacité du dispositif dépendra aussi des mesures d’accompagnement. Entre exigence réglementaire et réalités urbaines, le défi reste entier.
José Belalahy




