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lundi, août 31, 2026
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Descentes et mobilisations : Le PRRM talonné par le TIM et le HVM sur le terrain

Ce week-end seulement, Michaël Randrianirina était à Sainte-Marie pour le festival « Tsolabe », puis à Mahajanga et à Nosy Be.

Alors que la majorité des formations politiques choisit d’observer et d’attendre l’issue de la Conférence nationale, trois acteurs majeurs ont décidé de ne pas perdre de temps. Le président de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM), le TIM et le HVM multiplient les descentes dans les régions. L’objectif est limpide : occuper le terrain, tester les bases et envoyer des signaux forts avant les premières échéances électorales prévues après juillet 2027.

Dans un contexte où le rapport de force reste instable, chaque déplacement politique revêt une signification particulière. Il s’agit de prouver l’existence de l’appareil, de démontrer que l’on est à l’œuvre et prêt à en découdre. Depuis son accession à la tête de l’État, le colonel Michaël Randrianirina a imposé une cadence inédite. En dix mois, les déplacements se sont enchaînés à un rythme redoutable : inaugurations de zava-bita (réalisations), poses de première pierre, festivals culturels, célébrations cultuelles ou simples bains de foule. Pas un week-end sans que le chef de l’État ne soit au contact des citoyens, que ce soit à l’intérieur du pays ou lors de missions ciblées. Ce week-end seulement, Michaël Randrianirina était à Sainte-Marie pour le festival « Tsolabe », puis à Mahajanga et à Nosy Be. Il a profité de ces déplacements pour promettre de nouveaux projets de formation en faveur de la jeunesse, tout en valorisant les ambitions du projet Fandroso, mais aussi pour une série d’inaugurations. La méthode est désormais bien rodée : combiner le symbole et l’action concrète, dialoguer directement avec les administrés et projeter l’image d’un dirigeant ultra-actif et proche de son peuple. Une stratégie à double détente visant d’abord à conforter la légitimité du pouvoir à travers des réalisations palpables, tout en occupant l’espace médiatique pour couper l’herbe sous le pied d’éventuels rivaux.

Culture militante

Si le PRRM s’impose incontestablement comme la personnalité la plus visible du moment, cette omniprésence soulève aussi des interrogations légitimes sur l’utilisation des ressources étatiques et la distribution d’argent à chaque déplacement. De son côté, le Tiako i Madagasikara (TIM) de l’ancien président Marc Ravalomanana a opté pour la carte de la reconquête interne. À l’occasion de son 24e anniversaire, le parti a officiellement décrété que cette année marquerait le grand retour vers les bases. La feuille de route est rudimentaire mais carrée : sillonner l’ensemble des districts, aller à la rencontre des irréductibles militants et réactiver les structures dormantes. Le week-end dernier, le QG de Bel’Air Ampandrana affichait complet. Le mot d’ordre martelé à l’assemblée ne laisse planer aucun doute : l’urgence absolue de l’inscription sur les listes électorales. Une semaine plus tôt, la machine TIM s’activait déjà dans la région Atsinanana pour le même exercice de galvanisation. Le calendrier est d’ailleurs minutieusement tracé, avec un point d’orgue fixé en 2027 à Antananarivo à l’occasion du jubilé des 25 ans du parti. Un rassemblement d’envergure qui devrait servir de rampe de lancement officielle à Marc Ravalomanana pour la prochaine présidentielle. Si le parti compte sur sa solide culture militante et la fibre nostalgique d’une frange de l’électorat, il lui faudra impérativement séduire une nouvelle génération d’électeurs.

Discrétion calculée. Troisième force en lice, le Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM) de l’ancien président Hery Rajaonarimampianina avance ses pions avec une discrétion calculée. Moins exubérant sur le plan médiatique, le parti progresse méthodiquement, district par district. Après des incursions remarquées dans l’Alaotra-Mangoro, le Boeny et la Haute Matsiatra, les cadres du parti bleu ont tenu un congrès régional à Toamasina. Officiellement, le discours réitère un soutien mesuré au régime en place. Officieusement, l’objectif est d’afficher un retour en force et de prouver la solidité d’un maillage territorial préservé. Le HVM joue la carte de la patience et du positionnement de « partenaire critique », évitant l’affrontement frontal pour mieux préparer ses propres ambitions. Alors que les conclusions de la Conférence nationale se font attendre et qu’aucun calendrier officiel n’est scellé, la campagne est bel et bien ouverte sur le terrain. Entre un pouvoir qui use des prérogatives de l’État et des forces politiques qui dégainent l’arme de l’histoire et des réseaux, l’unité affichée en façade cède le pas à une âpre compétition. Personne ne veut rater le coche de la course suprême.

Julien R.

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