
Après le Tchad, l’Égypte, le Gabon, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale, les déplacements africains de Michael Randrianirina dessinent une diplomatie où les chefs issus de l’armée et arrivés au pouvoir par rupture de l’ordre constitutionnel occupent une place de choix.
Michael Randrianirina est rentré au pays très tôt mercredi matin, au terme de sa visite officielle au Tchad. À N’Djamena, il a rencontré le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, dirigeant tchadien arrivé au pouvoir en 2021 à la tête d’un conseil militaire de transition après la mort de son père, Idriss Déby. Le président malgache et son homologue tchadien ont notamment affiché leur volonté de renforcer les relations entre les deux pays. La rencontre s’est déroulée dans le cadre des célébrations de l’indépendance du Tchad, où étaient également présents d’autres dirigeants africains. « Si les Africains raffermissent leurs relations, l’Afrique devrait connaître son salut », a déclaré Michael Randrianirina, à l’issue de ce voyage, appelant les Africains à rester solidaires pour faire avancer le continent. Il a également assuré que la relation entre Madagascar et le Tchad pourrait désormais franchir un nouveau cap, après plusieurs années de relations diplomatiques sans véritable rencontre au sommet.
Mais derrière les poignées de main, les communiqués et les promesses de coopération, une constante saute aux yeux : le profil des dirigeants africains que le chef de la « refondation » choisit de rencontrer. Une diplomatie qui regarde d’abord vers les casernes : Tchad, Gabon, Congo-Brazzaville, Guinée équatoriale, Égypte. La liste est révélatrice. À plusieurs reprises, Michael Randrianirina a privilégié des dirigeants ayant un passé militaire particulièrement marqué, certains étant arrivés au pouvoir à la faveur d’un coup d’État ou d’une rupture de l’ordre constitutionnel, puis ayant conservé les rênes du pays. Au Gabon, en juin dernier, il a rencontré le général Brice Clotaire Oligui Nguema, arrivé au pouvoir après le renversement d’Ali Bongo en août 2023. Au Tchad, il a été accueilli par le nouveau dirigeant bissau-guinéen, le général Horta N’Tam, installé à la tête d’une transition militaire après le coup de novembre 2025 qui a interrompu le processus électoral. Les militaires avaient alors pris le contrôle du pays à la veille de l’annonce des résultats de la présidentielle.
Tournant
Au Tchad, le cas est différent mais reste inscrit dans une logique de pouvoir militaire. Mahamat Idriss Déby a pris la tête du pays après la mort de son père, avec le concours d’un conseil militaire de transition, avant de devenir président. Au Congo-Brazzaville, Michael Randrianirina a déjà rencontré Denis Sassou-Nguesso en mai dernier. Le dirigeant congolais est revenu au pouvoir par les armes en 1997, après l’avoir déjà conquis à la suite d’un coup d’État en 1979. En Guinée équatoriale, le colonel Michael Randrianirina a aussi rencontré, en mars dernier, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui dirige le pays depuis 1979, année où il a renversé son oncle Francisco Macías Nguema lors d’un coup d’État militaire. Et au Caire, le mois dernier, Michael Randrianirina a rencontré Abdel Fattah al-Sissi, ancien chef de l’armée devenu président après la destitution de Mohamed Morsi en 2013. Lors de cette visite, le dirigeant malgache avait qualifié les relations entre Madagascar et l’Égypte de « tournant historique ».
Pris séparément, chacun de ces voyages peut être justifié par des considérations diplomatiques, économiques, sécuritaires ou géopolitiques. Aucun État ne choisit ses partenaires uniquement en fonction de leur parcours politique. Mais mis bout à bout, ces rendez-vous produisent une image difficile à ignorer. La diplomatie africaine de Michael Randrianirina semble accorder une attention particulière aux dirigeants issus de l’appareil militaire et aux régimes nés d’une rupture politique. La multiplication des rencontres avec des chefs militaires ou d’anciens militaires devenus présidents peut finir par produire un signal politique en soi. Michael Randrianirina est lui-même arrivé au pouvoir dans le sillage d’une rupture politique et militaire. Dans ce contexte, ses déplacements auprès de dirigeants ayant connu des trajectoires comparables prennent une dimension particulière. Ils peuvent être présentés comme une volonté de construire une solidarité africaine nouvelle, affranchie des anciennes tutelles et fondée sur les intérêts communs. Mais ils peuvent également être interprétés comme la constitution progressive d’un réseau de proximité entre pouvoirs issus de l’armée ou de transitions de rupture.
Rija R.



En tous cas à ce jour il n’a pas choisi d’aller au MALI, BURKINA FASO , NIGER ou le SENEGAL !
Belle photo de CLOCHES avec leurs « guirlandes »!
Anhuro, vous ne trouvez pas que le président de Madagascar manque des cloches?
SVP,; inventez des nouvelles ordres: plus de clinquant pour le président.