
Après le viol et le meurtre d’une lycéenne à Marondry, la colère populaire a conduit au lynchage du principal suspect. La mairesse de la commune a ensuite été incarcérée avec son nourrisson de 6 mois.
Les événements survenus le 3 janvier 2026 dans la commune de Marondry, district d’Ankazobe, continuent de susciter de vives réactions. Le viol suivi du meurtre d’une lycéenne de 17 ans a provoqué une flambée de tensions qui a conduit à la détention de la première magistrate de la commune, Raheriniaina Marie Rosa, avec son nourrisson de 6 mois. Selon les informations recueillies sur place, la gendarmerie s’est rendue à Marondry le jour même des faits. Après l’audition de témoins, un suspect a été interpellé dans la nuit. Faute de brigade locale, il a été placé provisoirement sous surveillance à la mairie.
Le lendemain, des proches de la victime et des habitants se sont massés devant le bâtiment communal pour exiger la remise du suspect. La mairesse, venant tout juste de subir une opération une semaine plus tôt, s’est portée à la rencontre de la foule pour tenter de calmer les esprits. Une source concordante rapporte qu’elle a insisté sur le caractère illégal du lynchage et réclamé l’arrivée de renforts pour sécuriser le transfèrement du suspect vers Ankazobe.
Lynché sur place
Lors du convoi, le véhicule des gendarmes a été intercepté par la population. Le suspect a été extrait et lynché sur place. L’évacuation par les sapeurs-pompiers et une ambulance venue d’Ankazobe n’a pas permis de le sauver. Le député de la circonscription et le chef de district ont été informés de la situation. Dans la foulée, plusieurs responsables politiques se sont rendus à Marondry. Une source proche du dossier confirme que « c’est dans ce contexte que la mairesse a été emprisonnée avec sa fille de 6 mois ». L’enquête judiciaire suit son cours afin de déterminer les responsabilités dans cette affaire mêlant crime, justice populaire et enjeux politiques locaux.
Doléances
Au-delà de ce fait divers tragique, les habitants de Marondry font état de difficultés persistantes. Des plaintes récurrentes portent sur l’insécurité et des soupçons de corruption, dénoncés comme anciens. Les cas de viol, de meurtre, d’attaques de dahalo et de vol sont régulièrement évoqués par la population, de même que l’assassinat de l’adjoint au maire de Marondry. Parmi les doléances transmises lors de la descente sur le terrain de 4 députés et 7 maires figurent également des accusations visant un prétendu « rabatteur » au tribunal d’Ankazobe. Les habitants le soupçonnent d’implication dans plusieurs dossiers liés à l’insécurité.
Selon les témoignages recueillis, il se prévaudrait de relations auprès de magistrats pour faire incarcérer des personnes innocentes et, à l’inverse, faciliter la libération de présumés dahalo. Il aurait même été surpris en flagrant délit avec des malfaiteurs avant d’être rapidement remis en liberté.
Libération
Face à cette situation, les habitants se disent désemparés. Tout récemment, ils se sont mobilisés pour réclamer la libération de leur mairesse et appellent les autorités compétentes à se pencher sur le fonctionnement du tribunal d’Ankazobe et sur les agissements dénoncés. L’affaire reste entre les mains de la justice. En attendant les conclusions de l’enquête, Marondry retient son souffle, entre deuil, colère et attente de réponses institutionnelles.
Julien R.


