Après une pause de quelques mois pour cause d’urgence énergétique, l’ajustement automatique des prix à la pompe reprend.
Double test
C’est l’un des engagements du gouvernement vis-à-vis du Fonds Monétaire International (FMI) qui vient de débloquer les 155 millions de dollars de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et de la Facilité pour la Résilience et de la Durabilité (FRD). Dans ce cas de figure. Le raisonnement avancé par le FMI se défend sur le plan budgétaire. En effet, en cette période de forte volatilité des cours pétroliers internationaux, maintenir artificiellement les prix des carburants oblige l’État à absorber une partie de la différence. Ces ressources pourraient, selon le FMI, être affectées à des dépenses jugées prioritaires, notamment la santé, l’éducation et la protection sociale. Le Fonds estime également qu’une subvention généralisée profite relativement davantage aux ménages riches qui consomment le plus de carburant. Mais à l’inverse, la suppression progressive de la subvention provoquée par cette mesure n’est pas sans coût économique. Pour la bonne et simple raison que le carburant étant un intrant transversal, une hausse du prix à la pompe ne concerne pas uniquement l’automobiliste. Elle renchérit le transport des personnes et des marchandises, les coûts de production et de distribution et, indirectement, le prix de nombreux biens et services. Pour les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leur revenu aux dépenses essentielles, l’effet peut être particulièrement sensible. Bref, derrière l’application complète de l’ajustement automatique des prix à la pompe, il y a un risque inflationniste. La question qui se pose est ainsi de savoir si le gouvernement de la refondation a la capacité de réussir ce double test de réduire le risque budgétaire lié aux subventions tout en évitant un choc inflationniste disproportionné que pourrait provoquer la hausse des prix du carburant.
R.Edmond




