
Secrétaire général de l’ADN à 37 ans, le Dr Herinandrasana Andry Andriamandroso incarne la relève politique. Spécialiste en gouvernance et intégration régionale, il mise sur la professionnalisation, la proximité et une approche scientifique pour insuffler un vent nouveau. Face aux figures historiques, il entend prouver que sa génération possède toute la compétence et le sérieux requis pour assumer les plus hautes fonctions de premier plan dans le pays. Interview !
Midi Madagasikara (M.M.) : Le paysage politique malagasy est souvent perçu comme un espace fermé où les figures historiques dictent le rythme. Comment vivez-vous cette responsabilité à la tête de l’ADN ?
Dr Herinandrasana Andry Andriamandroso (H.A.A.) : Je vis cette responsabilité avec beaucoup d’humilité, mais également avec un sens aigu du devoir. À 37 ans, être secrétaire général d’un parti comme l’Arche de la Nation (ADN) est une charge importante, particulièrement dans le contexte politique actuel. Mais je ne considère en aucun cas mon âge comme une faiblesse. C’est au contraire une responsabilité supplémentaire : celle de prouver que la nouvelle génération est pleinement capable d’assumer des fonctions de premier plan avec sérieux, compétence et vision.
Mon engagement au sein de l’ADN ne date pas de ma nomination en juillet 2025. Il a débuté en 2017, notamment à la tête de la section jeune. Ces années de militantisme m’ont permis d’apprendre, d’écouter et de comprendre les réalités profondes de notre organisation et du terrain. Parallèlement, mon parcours universitaire en gouvernance et intégration régionale m’a doté d’une approche scientifique indispensable pour analyser les politiques publiques et les institutions. Face à des figures plus expérimentées, la jeunesse ne doit pas rivaliser sur le terrain de l’ancienneté, mais apporter de nouvelles méthodes, de l’agilité et une lecture affinée des aspirations citoyennes. L’enjeu n’est pas la rupture stérile, mais une complémentarité assumée entre l’expérience des aînés et le souffle du renouvellement.
M.M. : Concrètement, qu’apportez-vous de neuf à votre formation politique en matière de méthodes et de stratégie ?
H.A.A. : Mon ambition première est de professionnaliser notre fonctionnement. Trop de partis s’endorment entre deux scrutins. Je souhaite que l’ADN soit une force active en permanence : former nos militants, accompagner nos élus et formuler des propositions ancrées dans le quotidien des Malagasy. Mon bagage académique m’oriente vers une gouvernance fondée sur les données et l’analyse, loin des simples confrontations de personnes ou de slogans creux.
« Les jeunes ne veulent plus être réduits à de simples supplétifs électoraux. Ils exigent de participer à la décision et à la construction du pays. »
Sur le plan de la communication, nous modernisons nos outils. Les réseaux sociaux ne servent plus seulement à relayer des slogans, mais à rendre compte du travail de nos élus et à instaurer un dialogue direct avec les citoyens. Enfin, nous connectons notre réflexion nationale à notre réalité locale. L’ADN s’appuie sur une solide expérience communale, qui nourrit directement notre vision de l’aménagement du territoire. Nous passons ainsi d’une logique de simple mobilisation à une logique de responsabilisation.
M.M. : L’ADN dispose d’un ancrage local significatif à travers ses maires et élus communaux. Comment comptez-vous capitaliser sur cette force en cette période de transition ?
H.A.A. : Nos élus locaux sont le cœur battant de l’ADN, mais détenir des mandats ne suffit pas. La vraie question est de savoir ce que nous apportons concrètement aux administrés. Je souhaite fluidifier les passerelles entre nos communes pour en faire de véritables laboratoires de gouvernance locale. Qu’il s’agisse de l’assainissement, de l’état-civil, de l’appui à l’économie locale ou de la participation citoyenne, la proximité doit être un accélérateur de développement.
Dans le contexte actuel de transition, nos élus ont un rôle stabilisateur fondamental. Les collectivités ne doivent pas se paralyser : les citoyens ont besoin d’écoles, de sécurité, d’eau et de services administratifs efficients. Nos mairies doivent demeurer des sanctuaires du service public et du dialogue, loin des crispations politiciennes permanentes. Cet ancrage local fonctionne d’ailleurs dans les deux sens : les réalités du terrain remontent vers l’état-major national pour façonner nos propositions politiques, à l’image de notre vision du Federalisma Sahaza. C’est de cette capacité à rapprocher la décision du citoyen que naît le véritable renouveau démocratique à Madagascar.
Propos recueillis par Julien R.




