
Un dollar investi dans la prévention des conflits peut générer jusqu’à 103 dollars d’économies dans les pays ayant connu récemment des violences, selon une étude du FMI. Un constat qui vient nourrir le plaidoyer malgache en faveur du maintien provisoire des prix à la pompe.
Un ajustement différé, afin d’éviter un choc économique et social plus coûteux. C’est ce que Madagascar compte mettre en œuvre. En effet, le gouvernement envisage de maintenir les prix des carburants à la pompe jusqu’à fin décembre 2026. L’objectif annoncé est d’éviter une hausse brutale qui se répercuterait immédiatement sur le transport, les produits de première nécessité, les coûts de production et le pouvoir d’achat. Interrogé en marge de la présentation du rapport de politique monétaire de Banky Foiben’i Madagasikara, au Carlton Anosy, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a insisté sur le caractère temporaire de cette orientation. Il ne s’agit pas d’abandonner le mécanisme d’ajustement, mais d’en réaménager le calendrier, avec un retour progressif à la vérité des prix à partir de janvier 2027.
Dialogue en cours
Le dossier reste sur la table du Fonds monétaire international, dans le cadre des discussions sur le Programme économique de Madagascar soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que sur les réformes appuyées par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Selon les explications du ministre, le FMI n’a pas opposé de refus de principe au choix présenté par Madagascar. L’institution demande toutefois des précisions supplémentaires sur le coût de la mesure, son financement et la soutenabilité des mécanismes compensatoires. Le gouvernement malgache reste convaincu du bien-fondé de cette décision et de la pertinence des arguments avancés auprès du Fonds monétaire international. Le dialogue se poursuit donc entre les deux parties. Pour absorber cet effort temporaire, l’État mise sur la rationalisation de certaines dépenses, la mobilisation de recettes additionnelles et l’accélération de la transition énergétique. Le redressement de la Jirama et le développement des énergies renouvelables doivent notamment réduire la dépendance aux centrales thermiques. Le cap affiché est ainsi de protéger les ménages et l’économie aujourd’hui, tout en préparant une sortie progressive et soutenable dès 2027.
Antsa R.


