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vendredi, octobre 2, 2026
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Droit à la santé sexuelle : Quand le handicap désavantage la personne

Si des avancées timides sont saluées par l’Afham, l’effectivité des droits reste un vain mot sur le terrain.

Un garage de réparation de bicyclettes et de motos à Tanambao II. C’est ici, au milieu du cambouis et du bruit des outils, que les membres de l’Association des femmes handicapées de Madagascar (AFHAM), section Toamasina, ont trouvé refuge pour se réunir. Ironie du sort : ce lieu a été choisi pour sa rampe d’accès. Une rampe conçue à l’origine pour faire monter des engins à réparer, mais devenue l’unique issue pour ces femmes en fauteuil roulant.

Cette scène résume à elle seule l’injustice quotidienne vécue par les personnes handicapées. Si l’accès physique aux infrastructures reste un calvaire, la barrière devient infranchissable dès qu’il s’agit du droit à la santé sexuelle et reproductive (SDSR). « Au-delà des infrastructures adaptées, le problème majeur réside dans la communication », confie Indianombomazava Germaine, présidente de l’AFHAM Toamasina. Pour les femmes malentendantes, consulter un médecin relève du parcours du combattant. Aucun centre de santé local ne dispose de personnel formé à la langue des signes. Résultat : ces patientes sont contraintes de se faire accompagner par un tiers pour traduire leurs maux les plus intimes. Dans ce tête-à-tête forcé, le droit fondamental à la confidentialité vole en éclats. Face au malaise et à la peur d’être jugées, beaucoup préfèrent souffrir en silence et renoncent tout simplement aux soins.

Face à ce constat alarmant, la riposte s’organise au niveau national. À Anosy (Antananarivo), le ministère de la Population et de la Solidarité sociale (MPS), soutenu par le projet WISH2, a orchestré un atelier de renforcement de capacités regroupant différentes plateformes de personnes handicapées. L’objectif : leur donner les outils nécessaires pour porter haut leur propre plaidoyer. Comme le souligne Rolland Rabemanantsoa, directeur de l’Autonomisation des personnes handicapées au sein du MPS, il ne s’agit plus de cantonner ces citoyennes au rôle de simples bénéficiaires, mais de les transformer en actrices du changement. L’enjeu est d’amener les autorités publiques et la société civile à revoir leurs structures et leurs comportements afin d’éliminer définitivement les obstacles sociétaux et médicaux.

Car, que ce soit dans un garage de Toamasina ou dans « une belle salle illuminée » d’Anosy, le message reste le même : l’accès à la santé sexuelle n’est ni une faveur ni une charité, mais un droit humain inaliénable.

m.L

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