Tout le monde se dit être un fin connaisseur de la chose politique. Pour preuve, observez le matin devant les marchands de journaux, il y a toujours du monde et à la lumière des gros titres, chacun y va de son commentaire, mais dans le tas, il y a toujours un plus charismatique que les autres qui tient le crachoir et comme on dit : « Celui qui réussit le mieux est celui qui dit le plus souvent et de la voix la plus forte ce que tout le monde pense ». Il en est de même plus on arpente l’échelle sociale, du coin sombre de l’épi-bar au salon feutré des grands de ce monde.
Ce qui a fait le plus le buzz est sans contexte le dernier remaniement du gouvernement. Qu’est-ce qui s’est dit le plus souvent ?
« Oh , il y a les inamovibles, ils sont toujours là quoiqu’ils fassent, à croire selon les plus mauvaises langues qu’il y a un « je te tiens, tu me tiens par la barbichette, quelque part » (sic).
« Puis, il y a ceux qui après examen de leurs devoirs non satisfaisants, ont été remis à leurs familles, mais à la grande surprise générale, les voilà recasés », disent-ils dans le nouveau gouvernement.
« Enfin, ceux qui sont encore là, sans avoir été présents du point de vue des résultats ».
Curieusement, ces avis reprennent ceux des observateurs plus avertis en matière d’analyse politique.Quand on dit « Vox populi, Vox Dei », il y a lieu peut-être de tendre l’oreille.
La question posée lors d’une précédente chronique a maintenant trouvé la réponse à savoir si le président va changer de cap. Un remaniement du gouvernement n’est jamais anodin mais malgré les scandales à répétitions que le pouvoir a dû endurer, on a suivi les recommandations de la présidente de l’Assemblée nationale de resserrer les rangs des « vrais » défendeurs du pouvoir en vue de l’élection de 2023. Enfin, « Advienne que pourra », doit-on penser en haut lieu.
Normalement, les lanceurs d’alerte se trouvent ou dans la société civile ou parmi les membres de la presse. Or, nos gouvernants ont fait fi des révélations de corps constitués comme la Cour des comptes en épinglant sa mauvaise gestion des fonds de la Covid ou encore cette interpellation peu diplomatique de l’Union européenne qui parle d’absence d’efficacité et d’efficience de ses actions.
Persuadé du bienfaisant de sa politique, le pouvoir reste droit dans ses bottes. Espérons pour lui d’avoir raison.
M.Ranarivao




