Le discours du PRRM Michaël Randrianirina à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 24 septembre 2026, n’est pas sans rappeler l’intervention du PM Christian Ntsay à la même tribune, le 27 septembre 2024.
Du déjà entendu
Sans parler forcément d’une illusion auditive ou cognitive, force est de ressentir un tant soit peu du déjà entendu dans le discours de l’actuel locataire d’Iavoloha. Une sorte de « rewind » ou de rembobinage par rapport à l’un des points clés développés deux ans auparavant par l’ancien occupant de Mahazoarivo, qui avait conclu à la fin de son allocution que « Madagascar appelle plus que jamais à un multilatéralisme renforcé et plus juste, un multilatéralisme fondé sur le dialogue, la coopération et la solidarité ». Selon l’ex-numéro deux de l’Exécutif, « force est de constater que le système multilatéral actuel, datant de l’après-guerre, peine à répondre efficacement aux défis d’un monde en mutation rapide et profonde ». Le PRRM a fait le même constat, le 24 septembre dernier, en déclarant que « nous devons avoir le courage d’admettre et d’assumer les limites du système multilatéral dans sa forme et dans son fonctionnement actuel ». Et de faire savoir, à son tour, que « Madagascar plaide pour un système multilatéral non seulement capable d’agir mais aussi capable de soutenir les pays membres dans leurs efforts de briser les cycles de pauvreté et d’insécurité ». Abondant ainsi dans le sens de l’ancien PM, qui faisait remarquer qu’ « il est impératif et urgent de promouvoir un modèle de développement du monde plus inclusif et plus équitable (…) ». L’homme fort du « Fanavaozana » a aussi souligné, dans son premier discours onusien, que « l’Afrique doit se voir attribuer une représentation permanente au Conseil de sécurité ». Du déjà entendu en 2024, où l’ancien chef du gouvernement avait estimé qu’ « une réforme courageuse et ambitieuse des Nations Unies, notamment du Conseil de sécurité, s’avère plus que jamais indispensable. L’Afrique, continent en plein essor démographique et économique, ne saurait rester à la périphérie des centres de décision mondiaux ». Les deux hommes sont également sur la même longueur d’ondes concernant l’insécurité alimentaire, les conflits armés, l’urgence climatique, les enjeux géopolitiques… Des problèmes déjà entendus depuis des années à l’Immeuble de verre, à Manhattan, où l’on ne se fait pas trop d’illusion.
R.O



