
Les coupures répétées d’électricité observées ces derniers temps sur le réseau interconnecté d’Antananarivo ne seraient pas liées à un déficit de production, mais avant tout à la vétusté des infrastructures de distribution, selon la Jirama.
La Jirama a détaillé les principales causes des perturbations touchant aussi bien l’électricité que l’approvisionnement en eau dans la capitale. Selon la compagnie, la production électrique reste suffisante, avec même une marge excédentaire de plus de 20 MW. Le problème se situerait donc en aval, sur des équipements devenus insuffisants face à la demande. Plusieurs transformateurs supporteraient jusqu’à 150 % de leur charge normale, tandis que de longues lignes de transport, comme celles reliant Anosizato à Soavinandriana, Antanandrano à Mahitsy et Andranovelona, ou encore Ambohimanambola à Ambatolaona, sont aujourd’hui saturées. À cela s’ajoute l’état critique des poteaux électriques, dont 70 % seraient endommagés à Antananarivo. La Jirama affirme avoir relancé en mars la fabrication de poteaux en béton, avec une cinquantaine déjà produits. Les intempéries aggravent aussi la situation. Pluies, orages et vents violents provoquent régulièrement des incidents sur les grandes lignes, entraînant parfois des coupures étendues. Les actes de sabotage, les vols de câbles ou encore les branchements illicites figurent également parmi les causes avancées par l’entreprise. Pour renforcer la vigilance, la direction dit avoir engagé un dialogue de proximité avec les chefs de fokontany de chaque district afin de mieux informer les usagers et de favoriser les signalements.
Difficultés opérationnelles. La Jirama souligne également que certaines réparations sont ralenties par des contraintes d’accès. À Ilafy comme à Androhibe, des incidents survenus à l’intérieur de propriétés privées ont retardé l’intervention des techniciens, contraints d’attendre le lendemain ou de composer avec des accès difficiles. Sur le front de l’eau, la société évoque un déficit de production de près de 100 000 m³ par jour pour Antananarivo, dans un contexte marqué par plusieurs décennies de sous-investissement. Près de 45 % de l’eau produite serait par ailleurs perdue à cause des fuites, des vols ou de compteurs défectueux non signalés. Parmi les réponses mises en avant figurent les camions-citernes dans les zones rouges, le tour d’eau, le remplacement des conduites vétustes, le changement gratuit des compteurs de plus de 15 ans et l’extension de Mandroseza, en partenariat avec la Banque mondiale à travers le projet PAAEP. Enfin, la Jirama rappelle que toutes les interventions effectuées à domicile sont gratuites. Les agents doivent être munis d’un ordre de mission, d’un uniforme, d’un badge et d’une carte d’identité nationale. L’entreprise appelle ainsi les usagers à la prudence face aux risques d’escroquerie.
Antsa R.




