
À l’occasion du lancement officiel à Antananarivo de la Stratégie nationale de l’éducation préscolaire (SNEP), Madagascar franchit une étape décisive pour l’avenir de sa jeunesse. Porté par le ministère de l’Éducation nationale, avec le soutien de la Banque mondiale et de l’UNICEF, ce programme d’envergure nationale ambitionne de transformer en profondeur le paysage éducatif de la petite enfance d’ici cinq ans. Le défi est de taille pour la Grande île, où les indicateurs actuels témoignent d’une urgence sociale. Le taux de préscolarisation stagne à 29,4 % à l’échelle nationale et s’effondre à 26,1 % dans les zones rurales. Cette situation est exacerbée par une pauvreté structurelle qui touche 86% des nouveau-nés et par un taux de malnutrition chronique affectant un enfant de moins de cinq ans sur deux.
Objectifs
Pour y répondre, la SNEP cible 2,7 millions d’enfants âgés de 3 à 5 ans, avec une priorité absolue accordée aux plus vulnérables. Cette politique globale repose sur des leviers stratégiques majeurs, à commencer par l’extension de l’accès aux infrastructures et l’amélioration de la qualité des services par la professionnalisation des éducateurs. Par ailleurs, les autorités entendent optimiser la gouvernance financière, déployer un système de gestion des données performant et susciter une forte mobilisation communautaire et parentale. Sur le terrain, ce plan se traduira par la construction de classes, la distribution de kits pédagogiques et des campagnes de sensibilisation. La signature solennelle du grand livre de la SNEP par les principaux acteurs marque ainsi un pacte collectif pour le capital humain de Madagascar.
Narindra Rakotobe





